La confrontation entre Nantes et Manchester United en Ligue des Champions met également aux prises deux opérateurs de téléphonie mobile, Vodafone pour MU et Orange pour Nantes.

Les deux opérateurs de téléphonie mobile, qui sont concurrents sur plusieurs marchés (en Angleterre notamment), ont adopté deux stratégies différentes dans le marketing sportif.

Vodafone a choisi de frapper fort. Il vise des retombées mondiales. En football, l’Anglais a retenu l’un des plus grands clubs du monde avec Manchester United. Depuis l’an 2000, son logo figure sur les maillots rouges des Mancuniens. Un contrat de quatre ans qui a coûté 45,73 millions d’euros. Orange (qui appartient depuis un an à France Télécom) n’apparaît sur le maillot d’aucun club d’envergure internationale. En France, il sponsorise plusieurs équipes dont le RC Lens et le FC Nantes en Ligue des Champions. La stratégie de l’opérateur ne repose pas sur une équipe mais sur l’ensemble du championnat. Dès la saison prochaine, et pour quatre ans, les championnats de France de Division 1 et de Division 2 prendront le nom d’Orange D1 et Orange D2 contre 7,6 millions d’euros. La filiale de France Télécom a également anticipé l’arrivée de l’UMTS (une technologie qui permettra de diffuser de la vidéo sur les téléphones mobiles) en préemptant les droits auprès des formations professionnelles pour 60,98 millions d’euros.

En Fomule 1, le même schéma se reproduit. Vodafone reste fidèle aux grandes marques sportives. L’opérateur britannique, qui était partenaire jusqu’ici de Benetton (devenu Renault F1), s’est offert une place de choix sur les circuits en devenant le commanditaire de Ferrari. Une stratégie qui coûte cher : 175 millions d’euros sur trois ans. Le Français est également présent en F1. Depuis mars 2000, Orange (qui battait alors pavillon britannique) apparaît sur les flancs de la modeste écurie Arrows. Un contrat de 3 ans estimé à 106,7 millions d’euros environ mais qui aurait été revu à la baisse après les résultats enregistrés par l’équipe de Tom Walkinshaw.

Les deux opérateurs sont également présents dans le rugby. Vodafone est le sponsor maillot de la sélection australienne. Ni plus ni moins que l’équipe championne du monde en titre. Un partenariat entamé en 1997 (prolongé en 2000) et évalué à 19,82 millions d’euros. Orange réplique avec ses moyens. Pas de sélection nationale pour le Français qui a choisi les clubs du Stade français, de Perpignan et de Montauban pour communiquer.

Il reste des sports où les deux opérateurs s’évitent. Vodafone est absent de la voile alors qu’Orange possède un bateau à son nom avec le catamaran du Français Bruno Peyron. Depuis janvier, Orange s’est impliqué dans le tennis. Il a signé un accord avec la Fédération Française de Tennis (FFT) pour sponsoriser l’équipe de France de Coupe Davis jusqu’à la fin de la campagne 2001. A contrario, Vodafone s’est approprié le cricket (sport très populaire dans les anciennes colonies britanniques). En décembre 2000, Vodafone avait prolongé son partenariat avec la sélection anglaise jusqu’en 2005 pour un contrat évalué à 19,36 millions d’euros.

Bien que présent à l’international, Orange cherche à développer sa marque sur son marché domestique, c’est-à-dire la France. Avec un budget de 15,24 millions d’euros par an consacré au sponsoring sportif, le Français est incontournable dans l’hexagone mais il ne peut rivaliser avec son rival Vodafone à l’échelle planétaire. Le leader mondial de la téléphonie mobile affiche tout de même 95,6 millions de clients dans le monde !