Ferrari reprend sa production. Après près de deux mois de confinement, le constructeur va reprendre la livraison de ses voitures de sport. Le chiffre d’affaires du cheval cabré devrait chuter de 14 à 20 %. Ce sont surtout ses revenus du sponsoring avec l’arrêt du Championnat de Formule 1 qui ont chuté de 30%.

Son PDG Louis Camilleri, lors d’un entretien téléphonique avec des analystes financiers, n’a pas caché que la Formule 1 serait l’activité pesant le plus sur les pertes financières à venir. L’incertitude qui entoure la reprise du sport ne fait qu’accentuer cette perspective. «La F1 est sans aucun doute l’activité qui aura un effet négatif sur nos résultats en 2020 de la manière la plus rude, et aussi celle qui est de loin la plus difficile à prévoir, car le calendrier initial comportait 22 Grands Prix», rappelle Louis Camilleri. «La FIA et la Formule 1 prévoient désormais un maximum de 18 Grands Prix, dont de nombreux sans spectateurs. Cela implique clairement une réduction drastique des revenus générés par le détenteur commercial des droits, ainsi que par le sponsoring, qui sont nos deux principales sources de revenus. Pour atténuer cet impact, au moins partiellement, l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation technique initialement programmée pour 2021 a désormais été reportée à 2022.»

Louis Camilleri a confirmé l’accord en vue au sujet du plafond budgétaire qui sera imposé aux écuries l’an prochain, et qui devrait se situer à 145 M$ la première année selon les indications de Ross Brawn. Un niveau qui satisfait Ferrari, alors qu’un abaissement important autour de 100 M$ aurait provoqué une menace de retrait pour la Scuderia. «Il y a eu des progrès significatifs sur de nombreuses mesures pour geler différents composants et ainsi réduire les coûts à l’avenir, ainsi que des progrès substantiels sur un plafond budgétaire et son périmètre effectif pour 2021», souligne-t-il. «Nous espérons toujours qu’un tel plafond rendra la F1 économiquement plus viable pour tous les participants, tout en veillant à ce qu’elle reste le premier championnat automobile au monde et la source d’avancées significatives dans l’innovation et la technologie automobiles.»

En dépit de l’exercice incertain en F1, Ferrari affiche une certaine sérénité, estimant par ailleurs que l’incidence à ce niveau devrait être circonscrite à la seule saison 2020. «Le fait que la F1 affecte les revenus n’est pas simple à digérer, mais la bonne nouvelle vient du fait que les pertes importantes subies devraient être de courte durée et limitées à 2020», conclut Louis Camilleri.