Actionnaire depuis 2006, Michael Jordan devient le nouveau propriétaire de la franchise NBA des Charlotte Bobcats en rachetant les parts détenues par l’actuel actionnaire majoritaire, Robert Johnson. Son défi : faire d’une franchise déficitaire une entreprise rentable.

Quand il a créé les Bobcats, en 2004, Robert Johnson, le fondateur de Black Entertainment Television (BET), était devenu le tout premier noir propriétaire d’une franchise de sport américain professionnel. Achetée 300 millions de dollars en 2004, son équipe ne s’est toutefois encore jamais qualifiée pour les play-offs. Charlotte a terminé la saison régulière 2008-2009 avec 35 victoires et 47 défaites, le meilleur bilan de sa jeune existence.

Michael Jordan, 47 ans, est actuellement en charge des opérations basket de l’équipe du Français Boris Diaw. Avant de se joindre aux Bobcats en juin 2006, Jordan, six titres de champion NBA (1991, 1992, 1993, 1996, 1997, 1998), a occupé ce rôle pendant trois ans et demi avec les Washington Wizards. Acheter toute la franchise, ça me paraît difficile pour l’instant mais si des parts importantes deviennent disponibles et que je peux augmenter mon investissement, c’est vraiment quelque chose qui m’intéresse, avançait-il en mai dernier alors que Johnson planchait sur la cession des Bobcats. Le prix du rachat serait de 175 millions de dollars.

La franchise acquise par Jordan au travers de son groupe MJ Basketball Holdings LLC est loin d’être une machine à dollars. Ce serait même plutôt l’inverse. Depuis son arrivée en NBA lors de la saison 2004-2005, la franchise aurait accumulé environ 150 millions de dollars de dettes. Dans un Etat de la Caroline du Nord, celui de naissance de Michael Jordan, qui ne jure que par le basket-ball universitaire, le basket pro tarde à trouver son public. La salle des Bobcats affiche d’ailleurs l’un des plus faibles taux de remplissage de la NBA. Qui plus est, Johnson n’est jamais parvenu à faire émerger une chaîne sportive régionale indispensable au développement de la franchise. Une autre tare des Bobcats tient au manque de commanditaires autour de la franchise. Or dans ce domaine, Michael Jordan est resté une valeur sûre.