Le bateau de PRB est-il frappé d’une malédiction ? Victime d’un choc au 14e jour de mer sur le Vendée Globe, exactement comme en 2012, Vincent Riou a abandonné. Après deux victoires en 2000 et 2004 (un cas unique dans l’histoire du Vendée Globe), le sort s’acharne sur le sponsor du skipper. Pour PRB, son engagement à venir passera par l’association avec un co-partenaire.

Jean-Jacques Laurent, le PDG de l’entreprise vendéenne Produit de Revêtement du Bâtiment (PRB), évoque l’avenir de son engagement. Décidé à participer à la prochaine édition (en 2020), le patron de la PME se veut aussi réaliste. Il lui faudra s’associer à un autre partenaire pour partager les frais. Pour l’instant, on essaie de sauver le bateau. Puis quand Vincent Riou sera rentré, il faudra qu’il se pose, qu’on se voit et qu’on discute de la suite, répondait trois jours après l’abandon de son skipper. Notre envie, c’est bien sûr de continuer, nous en sommes à notre septième Vendée Globe et cette course est dans notre ADN, insiste Jean Jacques Laurent. On voudrait, si possible, poursuivre avec Vincent. Après ça dépend de ce que, lui, veut faire. Mais une chose est sûre, on ne peut pas rester tout seul, ça devient trop cher pour une PME familiale comme la nôtre (550 salariés pour 190 millions d’euros de chiffre d’affaires, ndlr), surtout si l’on veut être en lice pour la gagne. Il faudra qu’on partage la note avec un co-sponsor. Annuellement, PRB consacre 1,5 million d’euros à son engagement dans la voile. Impossible d’aller au-delà, admet Jean-Jacques Laurent.

Le fabriquant d’enduit utilise le Vendée Globe pour organiser des opération B to B avec ses fournisseurs ou ses gros clients, pour motiver son personnel aussi. Ainsi, lors des trois semaines précédant le départ, la PME vendéenne disposait d’un espace de 1.000 mètres carrés à proximité du ponton aux Sables d’Olonne. Tous les jours, 300 personnes visitaient l’usine puis étaient conviées à table, faisaient le tour du ponton et avaient droit à un topo par un membre de l’équipe. Au total, plus de 4.000 clients invités par PRB sont passées par les Sables d’Olonne. Cette façon de faire nous a aidé à faire grimper notre chiffre d’affaires dans les années 2000, peut être de 5% par an. Nous devons beaucoup à la voile, raconte Jean-Jacques Laurent. Après la crise de 2008, le Vendée Globe nous a au moins permis de fidéliser une partie de notre clientèle.

Qui pourrait bien s’associer à PRB à l’avenir ? Selon le PDG aucune discussion n’a été engagé avec un éventuel cosponsor. Mais l’appel est désormais lancé.