Alors que la semaine internationale promettait d’être calme avec deux rencontres amicales au menu, Kylian Mbappé a réveillé Clairefontaine en refusant de participer à des opérations marketing des Bleus.

C’est la stupeur chez les suiveurs de l’équipe de France. Kylian Mbappé n’a pas voulu prendre part la semaine dernière à Clairefontaine, le centre d’entraînement de l’équipe de France, aux séances de shooting et de vidéos des marques partenaires des Bleus. A savoir Uber Eats, Volkswagen, Konami, Orange, Coca Cola et Fondaction Xbox. Une pratique pourtant courante, réalisée en marge des rassemblements de l’équipe de France.

Selon L’Équipe, la star du PSG a préféré sa chambre. Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, a appelé le joueur pour lui demander de participer aux séances pour les sponsors, mais il n’est pas revenu sur sa décision. Des joueurs tiraillés entre choix marketing personnels et partenariats collectifs, l’équipe de France en a connu dans le passé. Mais l’attitude de Mbappé est spectaculaire. Son statut a changé depuis sa première convocation avec les Bleus. Comme tous les néo-internationaux, il a signé une convention par laquelle il s’engage à honorer les partenaires des Bleus et que soit utilisée leur image à titre individuel et collectif. A 23 ans, la star des Bleus, c’est lui. Le joueur que les sponsors veulent avoir, c’est lui. Soucieux de son image, Kylian Mbappé ne souhaite plus être associé à certaines marques qu’il a refusées comme sponsor personnel ou qui lui pose des problèmes d’éthique. L’attaquant aimerait, également, être assuré qu’une partie des recettes liées à ces opérations sera reversée au football amateur.

Depuis son arrivée en équipe de France, Kylian Mbappé est le seul joueur à avoir reversé tout l’argent perçu chez les Bleus à des œuvres caritatives. Les 300.000 € de primes pour la victoire de la France au Mondial 2018 ont ainsi été reversées à l’association Premier de Cordée.

« Jamais renégociée » depuis sa première sélection, la convention « ne permet plus de développer l’image du football dans le respect des valeurs que peut porter l’institution, mais aussi de celles propres à chaque joueur de l’équipe », ont répondu ses représentants dans un communiqué. Ils demandent des échanges avec la FFF. Mais plusieurs zones d’ombre subsistent sur les demandes réelles du Francilien. Sous couvert d’éthique et de soutien au football amateur, Mbappé ne milite-t-il pas pour l’individualisation du droit à l’image au détriment du collectif ?

L’avocate du joueur Delphine Verheyden a clarifié ses positions dans L’Équipe en demandant une « renégociation collective régulière », dénonçant « le risque de déformation de l’image » des internationaux. « Kylian veut intervenir sur ce qu’il génère », affirme-t-elle.

Reste que l’attitude de Kylian Mbappé met la FFF dans l’embarras. La fédération est prise au dépourvu alors que les sponsors représentent une part non négligeable de son budget (près de 100 M€) déjà impacté par la crise sanitaire et une renégociation difficile des droits TV de l’équipe de France. La FFF marche sur un fil avec son joueur totem. Elle doit trouver une solution pour donner suite à cette affaire au risque de voir l’exception Mbappé s’étendre. Le capitaine Hugo Lloris temporise : « Les droits à l’image représentent un sujet très complexe dans le sport, surtout quand on appartient à un collectif. Maintenant, Kylian a une dimension tellement importante au niveau de son image que des questions peuvent être posées. » Noël le Graët a promis de rencontrer l’entourage de Mbappé.


Soutien à l’Ukraine

La FFF reversera une partie de la billetterie des deux prochains matches de l’équipe de France, contre la Côte d’Ivoire à Marseille et l’Afrique du Sud à Lille, en faveur des victimes du conflit en Ukraine. La FFF reversera à l’UNICEF 1€ pour chaque billet vendu à l’occasion de ces deux rencontres.

Les maillots portés par les joueurs de l’équipe de France contre l’Afrique du Sud au Stade Pierre-Mauroy feront par ailleurs l’objet d’une vente aux enchères dont la recette sera également reversée à l’UNICEF dans le cadre de son action humanitaire en Ukraine.