La Fédération internationale de football (FIFA) a rompu à l’amiable son contrat de partenariat pour les Coupes du monde de 2010 et 2014 avec le groupement de cartes bancaires MasterCard, après une âpre bataille juridique.

Cet accord met un terme à une affaire qui a été portée devant la justice américaine depuis avril 2006. MasterCard avait alors porté plainte contre la FIFA après que celle-ci eut signé un contrat avec Visa, son concurrent, pour parrainer les Coupes du monde de 2010 et 2014.

La conclusion de ce partenariat avait provoqué la surprise. Visa devenait le nouveau partenaire financier de la Fédération internationale de football au détriment de MasterCard qui était lié à la FIFA depuis 1990. Qui plus est, MasterCard disposait d’une clause lui octroyant le choix de poursuivre ou d’interrompre ce partenariat. Un droit de premier refus. MasterCard pouvait s’aligner, ou pas, sur toutes les offres émises par un autre sponsor venant du secteur bancaire. Or, la FIFA a tenu MasterCard à l’écart des négociations avec Visa, qui est déjà lié aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde de rugby. A l’annonce de la conclusion du partenariat, MasterCard a déposé une plainte devant un tribunal new-yorkais contre la FIFA.

En décembre 2006, la justice a donné gain de cause au numéro deux mondial des cartes de crédits, interdisant à la FIFA d’appliquer son accord passé avec Visa et lui ordonnant de respecter celui passé avec MasterCard. Selon la décision de justice, du fait que MasterCard et la FIFA se sont entendus sur tous les points de l’accord couvrant la période 2007-2014 et que la “version finale” de cet accord a été envoyée par la FIFA à Master-Card pour exécution et retournée par MasterCard à la FIFA, il est juste et équitable que la FIFA soit obligée d’exécuter l’accord passé avec MasterCard pour la période 2007-2014.

Quant à Visa, le groupement de cartes bancaires a toujours assuré avoir négocié en toute bonne foi et avoir reçu des assurances de la part de la FIFA que cet accord était valide et contractuel et ne rentrait pas en conflit avec les droits de MasterCard. Lors du procès, Visa a été surpris et peiné d’apprendre que pendant ces négociations, la FIFA n’avait pas été franche concernant ses obligations avec MasterCard, indiquait alors Michael Sherman, porte-parole de Visa Interna-tional.

Accusée de manquer de fair-play, la FIFA a licencié le directeur de sa division Marketing et Télévision, le Français Jérôme Valcke (ex-Canal +), ainsi que trois autres employés de la même division, Tom Houseman, Robert Lampman et Stefan Schuster. La FIFA a réagi en considérant que les négociations avec Visa n’avaient pas été menées dans le respect des règles et qu’elle ne peut tolérer pareil comportement de la part de ses propres employés. Pour un contrat estimé à 180 millions de dollars, c’est le moins qu’on puisse dire.

Surprise en mai dernier. Une cour d’appel fédérale a demandé à la juge du tribunal de New York, Loretta Preska, de revoir son jugement afin de déterminer si le contrat était en vigueur quand la FIFA a attribué les droits des deux prochaines Coupes du monde à Visa, et de reconsidérer d’autres aspects de sa première décision. La décision augurait d’une longue bataille juridique. Mais l’arrangement trouvé entre les deux parties arrête de facto toutes les procédures judiciaires engagées aux Etats-Unis, ainsi qu’en Suisse.

Pour mettre fin à l’affaire, la FIFA a accepté de verser un dédommagement financier, 90 millions de dollars (environ 70 millions d’euros) à MasterCard. La FIFA peut désormais légalement activer les différents droits accordés à Visa.