Sponsoring sportif : le cannabidiol ou CBD a fait une entrée remarquée dans le monde de l’UFC et dans le Motocross malgré des restrictions drastiques.

Sponsoring sportif : le CBD fait son entrée dans l’UFC et le Motocross

Le marché du cannabidiol, ou CBD, devrait dépasser les 47 milliards de dollars en 2028, avec un taux de croissance annuel moyen qui caracole à 21,3 %. Avec autant de liquidités, il n’est pas surprenant que les marques recherchent de nouvelles opportunités d’investissement. Dans la mesure où le CBD a trouvé sa place dans le quotidien de sportifs d’élite comme Megan Rapinoe, Mike Tyson ou encore John Isner, les entreprises de la filière musclent leur jeu pour lever les derniers obstacles au sponsoring sportif.

Le CBD fait une entrée remarquée dans le monde de l’UFC

L’Ultimate Fighting Championship (UFC) est sans doute la première discipline sportive « majeure » (au sens médiatique) à avoir ouvert la voie au sponsoring des produits à base de cannabidiol ou CBD. C’est la marque américaine Love Hemp qui a raflé la mise. Si l’Organisation d’Arts Martiaux Mixtes (MMA) n’a pas dévoilé les termes financiers de cet accord, les experts évoquent un chèque de plusieurs millions de dollars.

En vertu de ce contrat qui court depuis le 1er juin 2021, les fournisseurs de CBD de la marque Love Hemp pourront accéder aux actifs physiques et digitaux de l’UFC pour les associer à leurs produits. Il faut toutefois noter que le contrat est géographiquement limité au Royaume-Uni. « Ce partenariat donne le coup d’envoi à l’objectif de notre société de devenir mondialement reconnue », s’est réjoui Tony Calamita, directeur général de Love Hemp.

Certaines marques ont choisi d’associer leur image à des combattants UFC. C’est notamment le cas d’Infinite CBD qui sponsorise une dizaine de combattants et d’entraineurs comme Eryk Anders, Raquel Pennington, Tecia Torres ou encore Scott Caulfield.

Le paradoxe du sponsoring du CBD dans le Supercross

Décidément, les marques de cannabidiol ne sont pas près de bénéficier de la couverture médiatique des compétitions de Supercross. En effet, si la promotion et l’affichage des produits dérivés et de logo ont été autorisés par les organisateurs du championnat Lucas Oil Pro Motocross, les conditions de sponsoring sont tellement drastiques qu’elles ont fini par décourager les marques.

En effet, les pilotes et les équipes peuvent désormais arborer les couleurs des marques de CBD… mais ne peuvent ni les montrer à la télévision, ni en parler en interview. Une situation rocambolesque dans la mesure où le dessein même d’un sponsor est d’obtenir une visibilité justifiant l’investissement. Le CBD a donc bien fait une incursion en Supercross, mais seulement dans les paddocks, sur les camions et sous les auvents.

Dans un communiqué laconique, les organisateurs ont tenu à nuancer leur position : « Le but de cette politique est d’interdire la promotion des produits de CBD uniquement à la télévision et non de limiter ou d’empêcher les pilotes d’obtenir un sponsoring légal », peut-on notamment lire dans le document.

Le CBD, une molécule qui fait des émules dans l’Hexagone

Avec un peu plus de 7 millions de consommateurs selon les chiffres du média LSA Conso, la France accapare plus de 16 % de la demande européenne en produits de cannabidiol. Cette molécule non psychotrope et non addictive peut être librement commercialisée dans l’Hexagone, à condition d’afficher une très faible concentration en THC (moins de 0,2 %) pour prévenir toute psycho-activité.

Plébiscité pour ses propriétés antalgiques, ses vertus anti-inflammatoires et ses effets relaxants, le CBD a été adopté par des sportifs d’élite à l’image de Megan Rapinoe, capitaine de la sélection américaine de football, double championne du monde et championne olympique, John Isner, tennisman américain (17e au classement ATP) ou encore Mike Tyson, légende de la boxe.

En France, les consommateurs peuvent s’approvisionner en fleurs, feuilles, résines, huiles, aliments et e-liquides à base de cannabidiol dans l’un des 2 000 magasins spécialisées (contre à peine 400 en 2020), auprès d’une boutique en ligne et même en grande surface, notamment chez Monoprix et Carrefour qui ont récemment mis en place des rayons « CBD » dans les espaces « beauté » et « parapharmacie ».