Le report des Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août) n’est plus une chimère. Le Comité international olympique (CIO) réfléchit à reporter les JO. L’instance s’accorde un délai d’un mois avant de prendre sa décision. La tendance à un report de l’événement est forte. Jusqu’à présent, seules les guerres mondiales ont arrêté les Jeux.

Le virage est pris. Alors que la crise sanitaire s’amplifie, le Comité international olympique (CIO) accepte l’idée d’évoquer un «report», tout en assurant que l’annulation pure et simple «n’est pas à l’ordre du jour». Jusqu’à présent, l’instance de Lausanne refusait jusqu’à évoquer le terme pour ne pas laisser l’incertitude s’installer. De nombreux sportifs et fédérations se relayent désormais pour appeler à un report des épreuves. La Fédération française de natation (FFN) a été la première en France à briser le tabou. Le Canada a fait savoir qu’il n’enverra aucun athlète à Tokyo. Le Comité olympique canadien (COC) et le Comité paralympique canadien (CPC) ont «pris la décision difficile de ne pas envoyer d’équipes» aux Jeux, font-ils savoir dans un communiqué conjoint. Le Canada est le premier pays à prendre la décision de boycotter les Jeux. Inflexible depuis le début de la crise sanitaire, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a admis lundi qu’un report «pourrait devenir inévitable». «Si cela devenait difficile, en tenant compte en priorité des athlètes», la décision d’un report «pourrait devenir inévitable», a-t-il déclaré devant son Parlement.

«Le sport, c’est secondaire»

Président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Denis Masseglia, ouvre lui aussi la porte à un report. «A partir du moment où le CIO indique qu’il réfléchit à d’autres solutions, c’est qu’il a déjà pris l’option de les reporter, a-t-il jugé lundi sur RMC. Le CIO a été pas mal critiqué alors qu’il n’a jamais dit qu’il voulait maintenir les Jeux coûte que coûte. Il a simplement dit qu’il était trop tôt pour prendre une décision. Entre les options possibles, ce n’est pas si évident de prendre la bonne. Il vaut mieux prendre un peu de temps pour choisir la bonne, plutôt que de la prendre hâtivement. Je pense que le report est inévitable. On est dans une situation dont on ne sait même pas quand est-ce qu’elle va finir. Tous les jours, les gens s’interrogent quand est-ce qu’on va sortir de la crise sanitaire. Quand est-ce que certains pays vont en sortir? Quand est-ce que d’autres vont y rentrer? Le sport, c’est secondaire.»

La solution la plus évident pour un report des Jeux de Tokyo serait une reprogrammation à l’automne. Mais, selon Japan Today News, l’option d’un report en 2021 semble davantage tenir la corde.

Les contrôles antidopage à l’arrêt
En cas de maintien des JO, l’équité sera-t-elle de mise entre les athlètes ? Avec les confinements imposés par la pandémie de coronavirus, les tests antidopage sont quasiment à l’arrêt. «Notre première priorité doit être la santé publique et la sécurité», a recommandé vendredi le président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), Witold Banka. Résultat, les contrôles sanguins ou urinaires, destinés à surprendre la prise de stéroïdes, EPO ou stimulants «se poursuivent de manière très réduite et adaptée aux circonstances», indique l’Agence antidopage allemande à l’AFP, qui précise que les autres activités, dans les départements d’investigation ou juridique, continuent. Cette réduction d’activités ne tombe pas au meilleur moment. Le programme de tests, chapeauté par l’Agence de contrôle internationale (ITA) pour le compte du Comité international olympique (CIO), se déroule pour une grande partie pendant les mois qui précèdent les JO. Toutefois, l’AMA rappelle l’existence du passeport biologique, en place depuis plusieurs années, comme outil de contrôle. Il permet de détecter si des variations des données sanguines trop importantes ont été constatées.