Le public pourra-t-il revenir dans les stades à partir de mi-décembre ? Les Ligues professionnelles demandent une réouverture partielle des stades au 15 décembre. La ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu ne s’y oppose pas. Mais le feu vert doit venir de Matignon.

Les clubs professionnels ont adressé samedi dernier un courrier en ce sens au Premier ministre Jean Castex. Dans cette lettre de l’Association nationale des ligues de sport professionnel (ANLSP), signée par les présidents des ligues professionnelles de basket, de cyclisme, de football, de handball, de rugby et de volley, il est demandé à Matignon un «amorçage du retour du public dans les compétitions sportives professionnelles dès le 15 décembre ».

À cette date, le gouvernement a déjà annoncé un allègement du confinement et notamment une réouverture partielle des salles de cinéma, de théâtre et de spectacle. Selon l’horizon donné par les ministres, les passionnés de sport, eux, auraient dû attendre début 2021 pour commencer à revenir dans les stades. Une différence de traitement que ne comprennent pas les clubs.

«Ça nous paraît assez logique de pouvoir être en extérieur avec un public immobile aux mêmes dates qu’à l’intérieur avec un flux qui est beaucoup plus difficile à gérer sur toutes les salles », a souligné le président du Stade Toulousain Didier Lacroix lors de la visite de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, à Toulouse.

« Les mesures prises ne suffiront pas à empêcher des disparitions de club si nous ne reprenons pas le plus rapidement possible notre activité dont l’essence même est de jouer avec du public, prévient l’ANLSP. Nous avons besoin de retrouver une activité au même titre que le cinéma, les salles de spectacle et les théâtres et de répondre aux besoins de nos publics, des familles en cette période de fête de fin d’année durant laquelle certaines de nos compétitions organisent des journées de championnat qui sont d’une grande importance médiatique et économique. »

Les présidents de ligues et de clubs pros imaginent ainsi une « période transitoire » du 15 décembre au 20 janvier avec une «reprise progressive de l’accueil du public qui pourrait se faire sur la base d’un remplissage maximum de 25 % de l’enceinte (représentant 1 siège occupé sur 4), avec un plafond qu’il appartient au gouvernement de fixer ».

Roxana Maracineanu estime « envisageable » d’avoir du public dans les stades dès le 15 décembre, une demande des clubs qu’elle souhaite «porter » auprès du Premier ministre. « J’ai entendu la demande de ces acteurs sportifs tout à fait responsables, qui ont travaillé sur des protocoles, qu’ils sont venus présenter en préfecture, qu’ils ont eu déjà la possibilité d’expérimenter […] Ils sont prêts, aujourd’hui, à ouvrir le 15 décembre », avait estimé l’ancienne nageuse.

Invité mercredi de RMC, le Premier ministre Jean Castex a indiqué que les spectateurs ne seraient pas de retour dans les stades « avant le 15 décembre ». « C’est un sujet qui est en cours de discussion, pas avant le 15 décembre, c’est sûr ».


La Coupe du France menacée

Le Premier ministre Jean Castex a confirmé ce mercredi matin que la Coupe de France 2020-2021 pourrait ne pas se tenir. « On la soutient, on l’aide, mais… », a répondu le chef du gouvernement interrogé sur la tenue de la Coupe de France. Relancé par le journaliste qui lui a demandé si la Coupe de France était « morte », Jean Castex a répondu du bout des lèvres « oui ».

Il y a quelques jours, Noël Le Graët, président de la FFF, mettait en doute la tenue de l’édition 2020-2021. « Si j’écoute bien ce qui a été dit, on ne pourra pas reprendre l’entraînement avant le 20 ou le 21 janvier, a-t-il confié sur France 3 Bretagne. On ne pourrait pas démarrer les compétitions avant février. C’est presque cuit. Je ne vois pas comment disputer cette compétition dans les dates sauf à jouer jusqu’à fin juillet. »

La Coupe de France est un enjeu sportif, mais aussi économique, la compétition rapportant 36 M€ (droits télé et sponsors) à la FFF.