C’était dans le rapport sur le financement des politiques sportives en France remis au Premier ministre il y a quelques mois. Réalisée par la députée LREM Perrine Goulet, le rapport préconise un assouplissement de la loi Evin pour le secteur sportif. Un groupe de députés relancent le débat.

Des élus LR ont soumis deux propositions de loi pour la fin de l’interdiction de boire de l’alcool dans les stades et l’autorisation du parrainage des clubs sportifs par des entreprises viticoles. Leurs buts : renforcer les recettes des clubs sportifs et renforcer la sécurité des supporters. Ce sont entre autres, les arguments d’une trentaine de députés LR qui ont déposé une proposition de loi pour autoriser les ventes d’alcool dans les buvettes destinées au grand public dans les stades. En effet, alors que dans les loges et les espaces VIP, on peut boire ce que l’on veut y compris de l’alcool fort, le supporter lambda n’a le droit qu’à des boissons non-alcoolisées. Les mairies ont toutefois le pouvoir d’autoriser 10 fois par an les associations sportives à vendre de l’alcool dans les stades. Les députés proposent d’ôter cette limitation annuelle en faveur d’une «autorisation permanente de la vente de boissons alcoolisées». «Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la vente d’alcool dans les stades pourrait y renforcer la sécurité car de nombreux supporters boivent massivement en dehors du stade avant les matches sans que quiconque ne puisse réguler cette consommation», expliquent les élus.

Parallèlement, les ventes de boissons réalisées par les clubs, au sein des stades où ils jouent, viendraient renforcer leurs recettes. L’augmentation des recettes est aussi l’argument qui est évoqué dans une autre proposition de loi, elle aussi déposée par des députés LR. Elle vise à autoriser les entreprises viticoles à parrainer des clubs sportifs.

Avec l’application de la loi Evin en 1991, les opérations de parrainage par des entreprises viticoles et des brasseurs ne sont plus possibles. Les élus des Républicains souhaitent autoriser les alcooliers à lancer des opérations de parrainage à destination des clubs sportifs «dès lors qu’un pourcentage de ce soutien financier est consacré aux associations de lutte contre la dépendance à l’alcool». Les députés affirment que les groupes sportifs français sont privés de ressources de financement alors que les subventions publiques se font de plus en plus en rares. «En l’espèce, il convient de relever que cette interdiction de parrainage ne s’applique pas en Allemagne, en Angleterre, en Espagne ou encore en Italie ce qui contraint d’autant plus les clubs sportifs professionnels français», conclut le texte.

«Je demande à ce qu’il y ait des travaux de réflexion sur les effets de la loi Evin sur la consommation dans les stades et aussi sur la publicité», pour que les brasseurs ou viticulteurs français, «qui sont notre patrimoine, puissent sponsoriser les petits clubs notamment», expliquait la députée LREM Perrine Goulet, auteure du rapport sur le financement des politiques sportives en France. En contrepartie, la députée préconisait aussi «qu’un pourcentage vienne alimenter le budget d’associations de lutte contre l’alcoolisme.»

Enregistrée le 20 février dernier, la proposition de loi devrait être étudiée prochainement.