Depuis des décennies, les Etats-Unis refusent de tomber sous le charme de la Formule Un. Un crime de lèse-majesté.

Bernie Ecclestone a décidé de mettre fin à cette hérésie. Cette saison quatre Grands Prix de F1 seront retransmis à la télévision américaine sur la chaîne ABC.

Les GP des Etats-Unis, le 29 septembre à Indianapolis, et le GP du Canada, le 9 juin à Montréal, seront diffusés en direct, alors que le GP d’Italie, le 15 septembre à Monza et le GP de Monaco, le 26 mai, seront diffusés en différé. La retransmission de la course monégasque suivra celle, en direct, des 500 miles d’Indianapolis.

Revenue aux Etats-Unis en 2000, après huit ans d’absence, la F1 peine à trouver son public. La dernière édition du GP des Etats-Unis (qui suivait les attentats du 11 septembre) s’était soldée par un manque à gagner de plus de 15 millions de dollars pour les organisateurs. Pourtant le produit F1 paraît avoir de l’avenir de ce côté de l’Atlantique. D’abord parce que le pays dispose d’un réservoir important au niveau du public. Le Canadien Jacques Villeneuve et le Colombien Juan Pablo Montoya assurent la promotion du championnat du monde auprès de leur communauté respective. Ensuite, parce que dans son combat contre le championnat CART (les voitures, qui ressemblent à des F1, courent sur des pistes ovales et sur des circuits routiers), Tony George, patron de la série IRL (qui organise les 500 Miles d’Indianapolis), voit dans Bernie Ecclestone un allié. Le Britannique lui a confié la gestion des Droits TV de la F1 aux Etats-Unis. Un accord qui permet à George de proposer aux networks américains le championnat du monde de F1 avec sa série IRL. L’an dernier, Ecclestone a même fait cadeau du signal digital à ABC. Ce signal alimente les télévisions par satellite en Europe. Il permet la diffusion des Grands Prix sur plusieurs canaux avec caméras embarquées. En France, c’est le service Kiosque (paiement à la séance), commercialisé par CanalSatellite, qui propose ce service. En plus, pour amadouer les médias. Ecclestone a permis aux réseaux locaux d’avoir accès au site du GP des Etats-Unis pour relayer au plus grand nombre l’information. Une chose impensable en Europe, puisque seule les chaînes qui ont acquis les droits du championnat du monde peuvent accéder aux différents sites.

Finalement il ne manque qu’une seule chose pour que le public américain se mobilise : un pilote Made in USA.