L’interdiction de la publicité pour le tabac scelle le sort du GP de Montréal, qui ne figure pas au calendrier du championnat du monde en 2004.

Le GP du Canada est exclu du calendrier 2004 du Championnat du Monde de Formule 1. L’entrée en vigueur le 1er octobre prochain d’une législation interdisant la publicité pour le tabac au Canada est la principale cause de ce retrait. Mais les racines du problèmes sont plus profondes. Le GP avait perdu au printemps dernier son principal sponsor, la compagnie Air Canada (voir LDS n°275), qui apportait plus de 3 millions d’euros par an. La société d’organisation du grand prix est lourdement endettée. Seules des marques de cigarettes étaient disposées à prendre le relais d’Air Canada, ce que la nouvelle législation interdit formellement.

Spa-Francorchamps en profite

Créée en 1967, l’épreuve est l’une des plus anciennes de F1; elle se courait à Montréal depuis 1978. Les promoteurs du GP n’ont pas l’intention de faire pression sur les autorités canadiennes pour obtenir une dérogation, comme l’avaient fait récemment les promoteurs du GP de Belgique, ce dernier ayant désormais de grandes chances de se voir inscrit à nouveau au calendrier. Montréal espère retrouver sa place dans le calendrier à partir de 2005. Les promoteurs espèrent également que les dirigeants de la F1 ne donneront plus à cette échéance de prime cynique à ceux qui s’accomodent de la publicité pour le tabac.
La résistance s’organise

Le gouvernement québécois, la ville de Montréal et le président de l’organisation du GP de Montréal, Normand Legault, ont formé une association baptisée Équipe Grand Prix, dont l’objet est de faire pression sur les constructeurs pour tenter d’inverser la décision de Bernie Ecclestone. Ferrari, Renault et McLaren ont des sponsors liés au tabac, mais le groupe va tenter de convaincre les autres écuries. Donc l’espoir demeure. L’enjeu est de taille : le GP draine 300.000 spectateurs chaque année et génère un CA de 46 M€.