Sergio Marchionne, président de Ferrari, affirme la volonté de la marque italienne de rester en Formule 1. Mais si rien n’est fait pour réduire les coûts tout en conservant la spécificité de la discipline, le constructeur italien pourrait choisir de partir, prévient-il. Écurie historique de la F1, Ferrari participe au championnat depuis sa création, en 1950.

 

Si Ferrari fait partie des écuries disposant de ressources colossales, Sergio Marchionne estime que les choses sont allées trop loin. « J’étais à Austin (pour le Grand Prix des Etats-Unis), a-t-il expliqué lors d’une conférence téléphonique. Une des raisons principales était de rencontrer Liberty Media. J’ai confirmé deux engagements : d’abord nous voulons réduire les coûts, ils sont allés au-delà de la limite du possible. Et ce n’est pas dû à des choix techniques, mais à la façon dont cette discipline est gérée. » Les chantiers les plus importants restent à venir. À la question du règlement moteur pour 2021 est fortement liée celle de la réduction des coûts. Dans le même temps, autour de ces questionnements de fond, gravitent d’autres velléités, de forme, qui visent à rendre la F1 plus populaire et plus spectaculaire, quitte à augmenter le nombre de courses à 25 par saison. Récemment, Ross Brawn (ancien directeur technique de Ferrari entre 1997 et 2006, ndlr), actuellement manager sportif de la discipline, soulevait la possibilité de ne plus rouler les vendredis pour permettre une saison plus compacte. D’autres changements, sur le format des week-ends et notamment des courses, sont évoqués. Et tout cela n’est pas du goût du patron de Ferrari. « Défigurer la F1 pour des raisons commerciales est un discours que Ferrari affectionne très peu, dit-il. Il faut faire très attention à ne pas retirer l’ADN de cette discipline, son histoire, et ce qui compte pour Ferrari. Si ces deux choses disparaissent, l’intérêt de Ferrari dans le fait de rester sur le circuit va diminuer. »

« Notre ADN mais… »

« Ce n’est pas une menace (…), mais nous devons rester rationnels, poursuit celui qui également administrateur délégué du Groupe Fiat. La F1 est une partie de l’Histoire de Ferrari et j’ai la ferme intention de protéger cette implication dans le championnat, mais on ne pourra pas le faire à n’importe quel prix et on ne pourra pas le faire pour des raisons commerciales. Si nous faisons des choses, nous les faisons bien. Je suis prêt à parler de tout, mais si nous voulons la transformer en une connerie, en centre commercial, ça ne m’intéresse pas du tout. » Transmis au nouveau patron de la F1, Chase Carey, lequel répète à l’envi qu’il veut faire de chaque Grand Prix un show à l’américaine, décrit comme « un petit Super Bowl ». « C’est une discipline vraiment différente des autres et nous ne pouvons rien marchander. Si nous atteignons ce point, nous partirons, nous n’en avons rien à faire. »

« Ce que je sais, c’est que ça (la F1) fait partie de notre ADN depuis que nous sommes nés. Ce n’est pas comme si nous pouvions nous définir autrement », a précisé Marchionne. « Mais si nous changeons le bac à sable au point où il devient méconnaissable, je ne veux plus jouer. Je ne veux pas participer à de la NASCAR à l’échelle mondiale, je ne le veux pas. »