Renault a pris sa décision. Carlos Ghosn, son PDG, annonce le retour de Renault dans la compétition, en tant qu’écurie de Formule 1, dès l’année 2016. Le constructeur français prend un nouveau virage à 180° dans sa stratégie.

Après avoir tardé à officialiser sa décision, Renault opère finalement son retour en Formule 1 en tant que constructeur à part entière. Renault rachète Lotus F1, une structure que le constructeur français connaît bien pour avoir vendu son écurie aux propriétaires de Lotus il y a quelques années. Présente en F1 de manière quasi-ininterrompue depuis 1977, avec une écurie à part entière ou comme simple motoriste, Renault était devenue championne du monde de F1 en 2005 et 2006 sous le nom de Renault F1. Basée historiquement à Enstone, Renault F1 (ex-Benetton) a ensuite été revendue, entre 2009 et 2010, au fonds Genii Capital de Gérard Lopez. Celui-ci a alors passé un accord avec les propriétaires malaisiens de la marque Lotus pour la faire revenir en F1. Renault rachète son ancienne écurie et aussi l’équipe qui a délaissé la marque au Losange comme motoriste cette saison pour s’équiper d’un propulseur Mercedes. Mais à ce niveau-là, point d’ego mal placé.

Renault avait deux options: revenir à 100% ou sortir complètement. Après analyse détaillée, j’ai pris ma décision : Renault sera présent en Formule 1 dès 2016. Les derniers éléments obtenus de la part des principaux acteurs de la F1 nous permettent de nous projeter avec confiance dans ce nouveau défi. Notre ambition est de gagner même si raisonnablement cela prendra du temps, affirme Carlos Ghosn, Président Directeur Général de Renault. Le temps commençait à presser car l’écurie Lotus avait jusqu’au lundi 6 décembre, date de la prochaine audience fixée par le tribunal de commerce de Londres, pour se sauver de la faillite.

Les enjeux économiques ont évidemment pesé, mais Ghosn a expliqué au Figaro que le volet historique a lui aussi joué un rôle. Il y a eu également une réflexion liée à l’histoire de Renault, assure-t-il. Renault a associé son nom à la Formule 1 depuis 40 ans. Nous sommes le deuxième constructeur qui a gagné le plus de courses et de titres en Formule 1, derrière Ferrari et devant Mercedes. Il y a un attachement à cette compétition en interne et j’ai pu aussi mesurer combien il y avait un attachement à Renault de la part des membres du monde de la Formule 1, aussi bien de la FIA, de la FOM, voire même d’un certain nombre de concurrents.

La répartition des revenus de la F1 est plus favorable

Pour revenir, Renault s’est assuré de pouvoir toucher une part suffisamment intéressante des revenus commerciaux de la F1. La répartition des gains provenant des droits TV est aujourd’hui plus favorable à ce qu’elle était en 2009, rappelle d’ailleurs Ghosn dans son interview. En redevenant une écurie à part entière, Renault pourra tirer pleinement profit de ses victoires. C’est du moins ce qu’espère le constructeur français, éclipsé lors des succès de Red Bull, mais montré du doigt depuis deux saisons alors que Mercedes a pris le dessus. Le positionnement de motoriste avait du sens mais il a montré ses limites, estime Renault. Le retour sur image et sur investissement, rendu nécessaire par le nouveau règlement moteur, était faible. Il s’agissait pourtant de la stratégie du constructeur depuis 2010 et la fin de son équipe d’usine. En tout état de cause, 2016 sera une saison de transition pour la «nouvelle» écurie.

Ses ambitions seront forcément moins élevées avec un pilote payant (doté d’un sponsor personnel), mais peu performant, le Vénézuélien Pastor Maldonado, et un débutant, le Britannique Jolyon Palmer (24 ans).