Dans le plus grand secret, ou presque, TF1 et la Fédération française de football (FFF) ont signé une prolongation de contrat d’un an. Le ministère des Sports demande des explications.

Alors que le contrat liant la chaîne à la première fédération de France arrivait à échéance en juin 2005, une prolongation d’un an (jusqu’au 30 juin 2006) a été signée entre les deux parties en juin 2003. Et ce sans le moindre appel d’offres. Ce qui est contraire à la loi sur le sport du 6 juillet 2000. Le président de la FFF, Claude Simonet, qui termine son mandat en roue libre, a justifié la signature de ce nouveau contrat évoquant un motif de prudence. Après la catastrophe de 2002, il y avait une certaine inquiétude par rapport à la diffusion des matches de l’équipe de France, a déclaré M. Simonet. Ce n’est pas un nouveau contrat. C’est une prolongation d’un an, c’est tout. Cette prolongation est destinée selon lui à accompagner l’équipe de France jusqu’à la Coupe du Monde 2006 qui aura lieu en Allemagne. Evidemment, TF1 ayant déjà acheté les droits des 24 meilleures rencontres de la phase finale, en même temps qu’elle avait acquis l’intégralité de la Coupe du Monde 2002 (168 millions d’euros au total dont 108 millions comptabilisés pour l’édition 2006), on peut penser que la première chaîne souhaite s’assurer également la diffusion des dernières rencontres qualificatives (France-Iles Féroé, Eire-France, Suisse-France et France-Chypre) des Bleus pour le Mondial 2006.

Selon le Journal L’Equipe, ce nouveau bail a été signé à des conditions presque identiques au précédent, 38 millions euros annuels, le montant étant réévalué de 5% et assorti d’une prime de 3 millions d’euros, amenant ainsi la chaîne à verser 43 millions d’euros pour les rencontres de l’équipe de France et de la Coupe de France lors de la saison 2005-2006.

En pleine guerre des droits du championnat de Ligue 1, ce nouvel épisode ne manque pas de sel. Le bouquet TPS, dont TF1 détient 66%, ne vient-il pas de lancer un pavé dans la mare en déclarant l’appel à candidatures non équitable et non transparent…
Une clause dans le contrat ?

Le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative demande des comptes à la FFF. Selon le Journal du dimanche, Dominique Laurent, directrice des sports, a écrit vendredi au directeur général de la Fédération, Gérard Enault afin d’obtenir les pièces du dossier.

Mais l’affaire ne pourrait être q’une tempête dans un verre d’eau. Jean-François Lamour a évoqué la possibilité d’une clause permettant la prolongation de ce contrat en toute légalité : Sportfive a également resigné son contrat marketing avec la Fédération, il y a quelques mois, sans appel d’offres a-t-il indiqué.