Le handball français imite son homologue du rugby. Des internationaux débarquent en pagaille. La concurrence n’a jamais été aussi vive en D1 qui peut se targuer d’aligner onze champions olympiques avec l’équipe nationale la plus performante du monde. Sans être le plus riche du monde, le Championnat de France semble ignorer la crise.

Nikola Karabatic est un pionnier. Le Montpelliérain a été le premier, en 2009, à initier la vague des internationaux français en Division 1. En Allemagne, la domination de Kiel n’est plus très marrante, d’autant que les autres équipes ont des problèmes de budget. En Espagne, c’est crise et c’est limité à l’Atletico et Barcelone. Pour moi, le Championnat de France va être le le plus intéressant à suivre en Europe, juge la star de Montpellier. Cet été, cinq nouveaux champions olympiques (Didier Dinart, Luc Abalo, Guillaume Joli et les frères Gille) sont rentrés au pays pour un seul départ, celui de Xavier Barachet, à l’étranger où ils ne sont plus que quatre héros de Londres à évoluer.

Depuis plusieurs années, l’équipe nationale domine le handball, mais l’effet tardait à se propager sur les clubs. L’été 2012 marque un tournant. Le pouvoir d’attraction est renforcé par la prise de pouvoir de QSI à Paris, devenu en quelques semaines un épouvantail, fort du plus important budget de D1 avec 9,22 millions d’euros. Du jamais vu.

Outre les Français, une kyrielle d’internationaux ont choisi de rejoindre le Championnat de France avec le Danois Mikkel Hansen, meilleur joueur au monde en 2011, en tête de liste. Pour Andrej Golic, ancien international français devenu agent de jouer, ce débarquement s’explique par le fait que les clubs français sont aujourd’hui capables de se payer les joueurs de top niveau mondial tout en profitant d’un championnat qui a su se structurer dans la rigueur. On a eu des soucis il y a une quinzaine d’années avec des équipes comme Nîmes et l’OM Vitrolles dont la gestion n’était pas saine, rappelle le champion du monde 20O1 auprès de l’AFP. Depuis la DNCG fait très bien son travail et aujourd’hui les comptes sont sains. Les joueurs sont payés à temps. Pour avoir fait venir Dinart et Honrubia à Paris, l’homme sait de quoi il parle. Aujourd’hui un joueur à qui on propose 6000 euros en Espagne, il sait qu’il ne les touchera pas. Alors que les 5000 en France il sait qu’il va les avoir, détaille Golic.
A retenir

Budget moyen des 14 clubs de D1 : 3,44 millions d’euros, +26 % par rapport à la saison 2011-2012.