Une nouvelle plate-forme Internet consacrée au marketing sportif vient de voir le jour. SponsorLive se fait fort de vendre aux enchères les espaces publicitaires invendus des clubs de football. Au coup par coup s’il le faut. Véritable innovation ou signe d’une crise du secteur en France ?

Il y a quelques mois, l’Olympique de Marseille, en collaboration avec Sponsorise.me, commercialisait aux enchères le dos de son short le temps d’un match. Un an auparavant, la même plate-forme Sponsorise.me proposait déjà aux enchères un espace sur le maillot du Biarritz Olympique le temps de la finale du Challenge Européen. Le principe existe déjà donc. Mais SponsorLive va plus loin puisqu’il propose de l’institutionnaliser. Le nouveau venu se fait fort d’attirer de nouveaux annonceurs pour remplir les espaces publicitaires restés vides (maillot, short et panneautique). Au match le match s’il le faut. Comme l’avait fait l’AC Ajaccio la saison dernière, faute d’avoir trouvé un partenaire pour toute la saison. SponsorLive, dont l’un des associés se nomme Alain Roche, ancien joueur et dirigeant du Paris SG, estime fluidifier ainsi les transactions entre les annonceurs et les clubs.

Nous avons fait le constat que la France accuse du retard sur ses voisins au niveau des recettes de marketing. Le système actuel d’un partenaire pour toute la saison est à bout de souffle, nous explique Brieuc Turluche, le Président de SponsorLive. Pour le club, il s’agit de trouver de nouvelles sources de revenus. Dans l’autre camp, l’offre doit séduire un plus grand nombre d’annonceurs, du plus petit au plus important, avec une communication très ciblée et un budget plus abordable.

La première étape a consisté à inventorier l’ensemble des espaces publicitaires mis à disposition par les clubs. Ce qui implique d’avoir obtenu la confiance des clubs en question. Evian-Thonon-Gaillard (Ligue 1) et le FC Metz (Ligue 2) ont joué le jeu. Le premier afin de promouvoir des espaces publicitaires sur le maillot de l’équipe pour la Coupe de la Ligue. Le second à l’occasion du derby lorrain avec Nancy, le 24 septembre, avec la commercialisation de la manche du maillot grenat. Le club à la croix de Lorraine s’est engagé sur trois saisons. Attention, il ne s’agit pas d’enchères inversées. Un prix de vente minimum a été déterminé par chaque club. Les annonceurs peuvent surenchérir via la plate-forme internet avec des transactions en temps réel et dans un laps de temps défini. C’est un vrai métier, continue Brieuc Turluche. La technologie existait. Nous l’avons réécrite pour l’adapter au domaine du sport.

Il est de plus en plus difficile de séduire de gros annonceurs

Le concept est très intéressant et je suis persuadé que de nouveaux annonceurs jusqu’alors inconnus dans le football professionnel trouveront grâce à la plate-forme SponsorLive un moyen unique de communiquer au travers notre sport, indique Stéphane Picot, directeur marketing de l’ETG. Plutôt que de brader notre maillot, nous avons donc choisi de maintenir une valorisation optimale de ces espaces disponibles sur notre tenue officielle et de les commercialiser au match le match, justifie Christian Martin, directeur général adjoint du FC Metz en charge de la politique commerciale. De nos jours, il est de plus en plus difficile de séduire de gros annonceurs capables d’acheter à son juste prix un espace sur une saison complète, d’autant plus lorsque l’on évolue en Ligue 2, constate-t-il encore. Pour les clubs, l’opération ne nécessite aucun coût supplémentaire, précise Brieuc Turluche. Nous avons déjà réalisé l’investissement de base de développement de la plate-forme (250.000 euros, ndlr). SponsorLive se rémunère sur la transaction (environ 15% du montant).

Que se passe-t-il si l’entreprise la mieux-disante opère dans le même secteur qu’un des partenaires du club ? Le club est libre de décliner l’offre s’il constate un conflit d’intérêts, précise le dirigeant de SponsorLive. Après le football, où des accords sont en cours de finalisation avec une dizaine de clubs, la plate-forme s’attaquera à d’autres disciplines. Son fondateur donne rendez-vous fin septembre pour mesurer les premiers résultats.
Partenariat avec ISC Paris

L’ISC Paris réalisera au début de l’année prochaine des études sur l’activité de SponsorLive afin d’en évaluer les impacts sur le marketing sportif.