A 24 ans, Victor Dubuisson est le grand espoir du golf français. Troisième joueur tricolore à faire partie de l’équipe d’Europe de la Ryder Cup (après Thomas Levet et Jean Van de Velde), il possède les atouts pour faire décoller médiatiquement le golf en France.

Initié au golf à l’âge de six ans par son grand-père, Victor Dubuisson est un habitué des records de précocité. En 2005 à l’âge de 15 ans, il devient le plus jeune joueur à disputer un tournoi du circuit européen. Champion de France à 16 ans l’année suivante, il est en 2009 le premier Français N.1 mondial chez les amateurs. Juste après son premier British Open, il passe professionnel en 2010. S’il a eu besoin de deux longues années d’apprentissage pour trouver ses marques chez les pros (4e à l’Open de Chine en 2012), il est entré de plain-pied dans le gotha de la petite balle blanche en s’imposant à l’Open de Turquie en novembre 2013. Il bat à cette occasion l’Américain Tiger Woods, alors N.1 mondial. Mais c’est surtout sa deuxième place en février 2014 derrière l’Australien Jason Day, après le 23e trou, au Championnat du monde de match-play, à Mirana, qui lui a donné son surnom de Cactus boy en même temps qu’elle lui a ouvert les portes des médias anglo-saxons et le coeur des Américains. Il grimpe au 21e rang mondial, une première pour un Français. Ce classement lui permet de faire automatiquement partie de l’équipe de Ryder Cup et d’obtenir sa carte sur le circuit nord-américain pour 2015. Il est aujourd’hui 23e joueur mondial à 24 ans.

Victor Dubuisson est aujourd’hui connu par 21% de la population française, parmi lesquels 76% déclarent apprécier le joueur selon l’indice Celebrity DBI de Repucom. Avec un score de 36,84 à l’indice DBI, qui mesure l’influence marketing d’une célébrité, le Français est très loin d’un Rory McIlroy, 25 ans. Sur son marché domestique, le N.1 mondial est crédité d’un score de 77,33 points. Mais le Nord-Irlandais dispose d’un taux de notoriété (83%) bien plus important également après ses exploits répétés. Avec 9 victoires sur le PGA Tour et 9 sur le Tour Européen, il est devenu le premier Européen à gagner trois différents tournois Majeurs et a rejoint Jack Nicklaus et Tigers Woods au palmarès des joueurs à avoir remporté trois Majeurs à l’âge de 25 ans. Nike, son premier sponsor, ne s’est pas trompé en lui offrant un contrat record de 200 millions de dollars sur 10 ans. Au cours de l’année écoulée, la notoriété de Rory McIlroy est passée de 74% à 83% en Grande-Bretagne et de 40% à 47% aux Etats-Unis selon Repucom. Une bonne performance lors du week-end à Gleneagles apporterait au Français un plus indéniable. En Ryder Cup, ce qui se passe en dehors du parcours s’avère tout aussi important que ce qui se passe sur le parcours. Beaucoup de personnes viennent nous regarder jouer et nous attirons aussi l’attention du monde entier, a conscience Victor Dubuisson. Il sait que dans les tournois majeurs également le succès se construit loin des greens et que rien n’échappe à la vigilance des fans de golf grâce à l’omniprésence des caméras de télévision. La Ryder Cup offre une formidable plateforme pour promouvoir et mettre en valeur un joueur, estime Pierre-Emmanuel Davin, directeur de Repucom France. L’esprit d’équipe de cette compétition dans ce sport individuel fait ressortir le meilleur en eux et met en valeur leurs qualités aspirationnelles en tant qu’athlètes et ambassadeurs du jeu.

Victor Dubuisson a sans doute en point de mire l’édition de la Ryder Cup 2018, organisée pour la première fois en France. Un événement sur lequel la Fédération française de golf (FFGolf) mise aussi pour se développer. L’organisation de l’édition 2018 à Saint-Quentin-en-Yvelines devrait permettre d’augmenter de 50% le nombre des licenciés et de le porter aux alentours de 600.000 d’ici 2022, selon le directeur général de la FFGolf et directeur de la Ryder Cup 2018 Pascal Grizot. Entre un joueur en quête de notoriété et une fédération à la recherche d’une nouvelle médiatisation, le mariage des intérêts est évident.