La spectaculaire opération conduite par le FBI à Zurich (Suisse) mais aussi à Miami (Etats-Unis) jette le discrédit sur la FIFA. Confrontés à de nouvelles révélations, des sponsors s’inquiètent de l’image renvoyée.

Ce n’est pas la première fois que des sponsors expriment leur inquiétude devant des révélations concernant la gouvernance du football mondial. Suspicions de corruption autour de l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, conditions de travail sur les chantiers du Qatar, les précédentes polémiques ont déjà donné du grain à moudre aux détracteurs du système en place. L’opération conduite par le FBI mercredi est un nouveau tournant. Plusieurs multinationales, associées au sponsoring de la Coupe du monde de football, exhortent la FIFA à faire le ménage en son sein après l’inculpation de plusieurs de ses dirigeants pour corruption. Cette longue controverse a terni la mission et les idéaux de la FIFA et nous avons déjà exprimé de façon répétée nos inquiétudes sur ces accusations sérieuses, a réagi dans un courriel à l’AFP Coca-Cola, qui verse une trentaine de millions de dollars à la fédération internationale par an dans le cadre d’un partenariat pluri-annuel. Il a enjoint l’organisation à se saisir des questions de corruption. Même son de cloche chez le géant du fast-food McDonald’s qui souligne prendre très au sérieux les problématiques ayant trait à l’éthique et à la corruption et les informations du département de la Justice américain sont extrêmement inquiétantes. Idem pour le brasseur belgo-brésilien AB Inbev (Anheuser-Busch), autre sponsor important par le biais de sa marque de bière Budweiser, qui souhaite que tous ses partenaires maintiennent de grandes exigences en matière d’éthique et opèrent dans la transparence.

L’équipementier sportif allemand Adidas de son côté a souligné qu’il maintenait son soutien financier au football mais a encouragé la FIFA à continuer de mettre en place et à respecter des normes conformes à la transparence dans tout ce qu’elle fait. Son concurrent américain Nike a lui affirmé coopérer avec l’enquête américaine qui, sans le citer nommément, l’identifie toutefois. Selon le département de la Justice américain (DoJ) qui a inculpé les dirigeants de la FIFA, certains faits répréhensibles sont liés à la sollicitation et à la réception de pots-de-vin et de dessous de table en connexion avec le sponsoring de la fédération brésilienne de football (CBF) par un important équipementier sportif américain, la sélection du pays hôte de la Coupe du Monde 2010 et l’élection du président de la FIFA en 2011. Les Etats-Unis, qui enquêtent depuis plusieurs années, ont dévoilé des documents troublants. L’accord entre Nike et la CBF, signé en 1996 pour équiper et chausser exclusivement la sélection brésilienne n’a rien de nouveau. Tout juste apprend-t-on que le contrat de dix ans est valorisé 160 millions de dollars. En revanche, la révélation du versement de 40 millions de dollars sur un compte bancaire suisse appartenant à un responsable d’une entreprise achetant et vendant des droits marketing au Brésil jette le trouble.

La pression politique est maintenant forte autour de la FIFA qui doit, en théorie, réélire Sepp Blatter ce vendredi. Mais la pression des partenaires est au moins aussi importante, sinon plus. S’ils retirent leur confiance à la FIFA, la fédération plonge dans une crise économique. Avec des révélations en cascade susceptibles d’écorner leur image, les partenaires doivent réagir comme si ils faisaient partie de la solution. Ils doivent prendre les devants en réclamant une nouvelle gouvernance ou alors menacer de retirer leur soutien.