L’arena de la Porte de la Chapelle à Paris, dont le Paris Basketball sera le club résident, va être baptisée « Adidas – La Chapelle District ». Une pétition s’oppose au naming de l’équipement sélectionné pour les Jeux olympiques de Paris 2024 pour accueillir les épreuves de badminton et de gymnastique rythmique, mais également le badminton et d’haltérophilie durant les Jeux Paralympiques.

La société d’exploitation du Palais omnisports de Paris-Bercy (SAE POPB) en charge de la future Arena Porte de la Chapelle a acté le choix de nommer l’équipement « Adidas – La Chapelle District ». Depuis, une partie de la classe politique et autres observateurs tentent de s’opposer à ce naming, avec notamment le lancement d’une pétition « Arena « Alice Milliat » ou « Adidas » ? Ne laissons pas une marque marcher sur le féminisme ! » sur le site change.org adressée à la Maire de Paris Anne Hidalgo. L’initiative revient à Nicolas Bonnet Ouladj, président du groupe communiste au Conseil de Paris. « Un symbole fort, car cela aurait été le premier équipement olympique portant le nom d’une femme dans l’histoire », soulignent les soutiens à l’Arena Alice-Milliat. Ils poursuivent : « Par cette pétition, nous nous opposons fermement à ce revirement et demandons à la maire de Paris, Anne Hidalgo, que le nom d’Alice Milliat soit bien attribué à cet équipement. »

À l’été 2020, le Conseil de Paris avait voté à l’unanimité que « la ville de Paris étudie la possibilité de nommer le futur équipement pour les Jeux Olympiques et Paralympiques, Arena Alice Milliat ». Un vœu non contraignant. Pionnière du sport au féminin, Alice Milliat s’est battue il y a 100 ans pour permettre aux femmes de faire du sport, et de participer aux Jeux Olympiques. Elle organisa les premiers Jeux mondiaux féminins à Paris, en août 1922.

Mais la majorité des membres du conseil municipal de Paris et des représentants de l’actionnaire minoritaire américain AEG, se sont prononcés en faveur d’Adidas pour le naming. Une décision qui doit encore avoir le feu vert du Conseil de Paris. Selon Le Monde, Adidas devrait verser 2,8 M€ par an dans le cadre de ce contrat de naming. L’un des plus importants contrats du genre en France !

Pierre Rabadan, adjoint aux sports et aux JO de la maire PS Anne Hidalgo, défend la « vraie politique sportive » d’Adidas, qui va abonder un fonds de dotation pour « développer la pratique du sport féminin dans le nord de Paris ». Adidas « vient avec une certaine ambition financière soutenir le modèle économique de l’Arena ».

La Fondation Alice Milliat de son côté se dit « ouverte à toutes discussions constructives avec la mairie de Paris et Adidas pour construire une forme de naming plus “responsable” ». Elle dit également avoir conscience de « la nécessité de garantir la viabilité économique de ce nouvel équipement qui, comme beaucoup d’équipements sportifs, passe par le naming. Un enjeu dont la Fondation Alice Milliat a toujours eu conscience tout en continuant à croire à la possibilité d’imaginer un naming qui permettrait de ne pas à nouveau effacer le nom d’Alice Milliat ». A l’oreille « Arena Adidas – Alice Milliat », cela ne sonne pas forcément moins bien que « Adidas – La Chapelle District »…