François Gabart entre dans le livre des records. Le nouveau petit prince de la voile hauturière boucle son tour du monde en solitaire dans un temps de 42 jours 16 heures 40 minutes. Il améliore le temps de référence de 6 jours et 10 heures. Au passage, il bat également huit records intermédiaires et propulse, une fois de plus, son sponsor, Macif, sur le devant de la scène.

La voile est un milieu où il faut faire ses preuves et accumuler de l’expérience avant d’obtenir la confiance d’un sponsor. Il faut ensuite prendre le temps de monter un projet. Mais François Gabart est un jeune homme pressé et qui défie les lois du genre. Il efface des tablettes Thomas Coville, dont le temps de référence n’avait pourtant qu’un an. Le skipper de Sodebo l’avait établi à sa cinquième tentative et le Rennais avait lui-même abaissé de huit jours la précédente marque de référence (Francis Joyon en 2008). Gabart fait mieux, du premier coup, dès son second tour du monde. A 34 ans, François Gabart possède déjà un palmarès conséquent : la Fastnet Race (avec Michel Desjoyeaux) et le Vendée Globe en monocoque (record à la clé) en 2013, la Route du Rhum en 2014, la Transat Jacques Vabre en 2015 (avec Pascal Bidégorry), la Transat anglaise en 2016, The Bridge (en équipage) en 2017.

« Je viens de couper la ligne d’arrivée, c’est assez fou, c’est assez irréel, je suis un peu abasourdi », a-t-il simplement commenté à l’arrivée. Lui-même stupéfait de la portée de son exploit. Repéré en 2009 par la filière jeunes talents de la course au large de la Macif, François Gabart fait les beaux jours du groupe d’assurance français depuis. La Macif n’a pas hésité à consacrer 5 millions d’euros au projet de record de Gabart. Une somme qui comprend la construction du bateau (30 mètres de long et 21 mètres de large) et son amortissement. Sachant que l’embarcation peut ensuite se revendre. « Même s’il y a un prix de revient assez élevé, ça se revend très bien », souligne Jean-Marc Raby, directeur général de Macif. « Une part va pour tout ce qui permet de faire fonctionner le bateau, équipe et logistique et enfin une autre part est pour tout ce qui est communication autour du bateau. » Pour un groupe qui a réalisé un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros en 2016 et compte plus de 9.000 collaborateurs, l’investissement est particulièrement rentable. Le succès remporté par Gabart sur le Vendée Globe en 2013 a eu ainsi un très fort impact. Selon la Macif, il y a eu près de 40.000 retombées média depuis 2011, soit environ 60 % des retombées presse du groupe générées par le sponsoring. En 2012, l’année du départ du Vendée Globe, cela est monté à 80%. Les contrats avec François Gabart sont revus tous les 5 ans. Le cycle actuel se terminera fin 2019 avec la première course autour du monde des Ultim.