Le lien entre Hermès et le cheval, c’est un lien patrimonial, explique à l’AFP Anne-Sarah Panhard, directrice générale de Hermès France et présidente du Saut Hermès, concours international de saut d’obstacles (CSI) qui culminera avec le Grand Prix dimanche sous la nef du Grand Palais à Paris.

Une marque de luxe et une discipline considérée comme élitiste font-elles bon ménage ?
Le lien entre Hermès et le cheval, c’est vraiment un lien patrimonial. Il s’agit de nos racines. Cela fait 177 ans que nous faisons vivre notre premier métier: celui de sellier-harnacheur. (…) La Fédération française d’équitation est la troisième par le nombre de licenciés (NDLR: quelque 700.000). Nous pouvons difficilement parler d’élitisme. Et l’événement s’inscrit totalement dans le partage. Pendant trois jours, nous accueillons 12.000 visiteurs. Sur ce nombre, nous invitons nos clients, à hauteur de 4.000 (NDLR: entre samedi et dimanche), et 3.000 licenciés de la Fédération (NDLR: le vendredi). Le reste des places est mis en vente. Par ailleurs, deux épreuves seront retransmises dimanche à partir de 13h30 sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris.

Lancé en 2010 comme un galop d’essai, le Saut Hermès a-t-il trouvé sa place dans un calendrier équestre très fourni ?
L’avantage que nous avons toujours eu, dans cette situation de printemps, a été d’être quelques semaines avant les finales de Coupe du monde. Au-delà d’être au coeur de la capitale, la qualité du lieu, à la fois de l’indoor mais avec la lumière de l’outdoor, permet vraiment d’attirer des cavaliers qui ont envie d’entraîner leurs chevaux dans des conditions complexes pour les préparer aux finales de Coupe du monde (NDLR: en indoor, à Lyon du 18 au 21 avril). Il y a une vraie volonté de pérenniser cet événement dont la légitimité s’est construite d’une édition à l’autre.

Le prestige de votre maison, et du Grand Palais, y contribuent évidemment ?
Jusqu’à présent l’attachement des cavaliers a fait que nous avons toujours réussi à avoir un beau plateau. La qualité de l’organisation et le prestige du concours y contribuent également. (…) Pour les cavaliers, c’est la convivialité, la chaleur, un choix du coeur. Ensuite, il y a les qualités techniques et les qualités de confort pour eux, mais aussi dans l’accueil de leurs chevaux, de leurs grooms. Ils sont très sensibles à cette attention. Le prestige de la maison apporte un plus, ce sont les valeurs d’une maison familiale qui transparaissent de l’extérieur.

Comment pensez-vous faire grandir ce concours ?
Faire évoluer le cadre chaque année, la scénographie, ce qui accompagne les compétitions afin de séduire cavaliers, professionnels et grand public. Ces éléments apportent une dimension festive un peu différente des autres concours. Mais aussi faire évoluer les épreuves en termes de complexité et de performances techniques. Nous nous posons certaines questions, que ce soit sur le format des compétitions, le nombre d’épreuves, de jours (NDLR: 3 au total actuellement).

Propos recueillis par Astolfo CAGNACCI
La concurrence des dollars de Doha

La 5e édition du Saut Hermès doit compter ce week-end avec la concurrence du Qatar. Quand le Grand Prix parisien offre dimanche une dotation de 400.000 euros, Doha dispose ce samedi d’une mise de 650.000 euros pour son épreuve-phare. Dans ce contexte, le champion olympique suisse Steve Guerdat et l’Allemand Ludger Beerbaum, dernier vainqueur à Paris, ont opté pour le Golfe, avec leurs chevaux de tête.

Sur le plan sportif, le plateau parisien est donc moins relevé que l’an dernier, avec en prime cette année l’absence des cavaliers américains. En 2013, la crème des cavaliers US avait fait escale dans la Ville-lumière, sur la route des finales de la Coupe du monde indoor de Göteborg, en Suède. Mais cette année, les finales 2014 ayant lieu dans cinq semaines à Lyon, les Nord-Américains se préparent encore à domicile.

Malgré ces aléas, le Saut Hermès a désormais une place bien à lui dans le calendrier international, pour la 5e édition d’une épreuve relancée en 2010, quand le célèbre sellier avait renoué avec le faste de compétitions disputées annuellement sous la verrière du Grand Palais jusqu’en 1957.