La marque américaine ne sponsorisera plus Maria Sharapova le temps de l’enquête, alors que la joueuse russe a fait l’objet d’un contrôle antidopage positif durant l’Open d’Australie.

L’équipementier sportif américain Nike a indiqué dans la nuit de lundi à mardi suspendre ses liens avec Maria Sharapova. Nous sommes attristés et surpris par l’information concernant Maria Sharapova, a déclaré à l’AFP KeJuan Wilkins, un porte-parole de Nike qui a réagi au quart de tour une fois l’affaire officialisée. Nous avons décidé de suspendre notre relation avec Maria le temps de l’enquête, a-t-il ajouté sans davantage de précision. Nous allons continuer à surveiller de près (le développement) de la situation, a conclu KeJuan Wilkins.

La star du tennis féminin a pris de court le monde du sport lundi en annonçant qu’elle avait fait l’objet, à l’Open d’Australie, d’un contrôle antidopage positif résultant de la prise d’un médicament, le meldonium, apparu en janvier 2016 sur la liste des produits prohibés et au coeur de plusieurs affaires retentissantes. Elle a expliqué que ce médicament lui était prescrit depuis 2006 pour traiter des problèmes de santé récurrents, un déficit en magnésium, une arythmie cardiaque et des cas de diabète dans (sa) famille.

Principalement utilisé dans la prévention des infarctus, le meldonium est classé parmi les hormones et modulateurs métaboliques depuis le 1er janvier 2016. Ce médicament, qui est censé soigner l’angine de la poitrine et prévenir l’infarctus du myocarde.

Maria Sharapova a été suspendue à titre provisoire à partir du 12 mars en attendant le déroulement de la procédure, a indiqué la Fédération internationale de tennis.

La joueuse russe est l’une des ambassadrices les plus populaires de la marque à la virgule, pour laquelle elle apparaît dans de nombreuses campagnes publicitaires et fait la souvent la une des spots lors des tournois majeurs. L’ancienne numéro 1 mondiale a amassé 29 millions de dollars en gains en 2015, dont sept seulement sur les courts.
Le meldonium, star du début de l’année

D’autres sportifs ont été piégés par le changement de règlement. Le meldonium, médicament inconnu du grand public vendu en Europe de l’Est mais pas en Europe de l’Ouest ni aux Etats-Unis, a déjà beaucoup fait parler de lui en ce début d’année 2016. Outre le contrôle positif annoncé par Maria Sharapova lundi soir, la Suédoise Abeba Aregawi (championne du monde du 1500m en 2013), la danseuse sur glace russe Ekaterina Bobrova (championne olympique par équipe en 2014) et le marathonien Endeshaw Negesse (vainqueur du marathon de Tokyo en 2015) ont tous été contrôlés positif au meldonium.

Il persiste en Europe de l’Est cette idée que le sport d’élite est nocif pour la santé et qu’il y a besoin de soutenir le corps avec des substances afin de le protéger. Dire que le meldonium est du dopage parait ridicule aux oreilles des Européens de l’Est, pour eux il s’agit plutôt d’une «vitamine qui protège le cœur». Cela provient de l’époque où le dopage était d’abord utilisé pour «protéger la santé des athlètes». C’est un malentendu ridicule, mais certains y croient encore, explique le Dr Sergei Illjukov, médecin du sport et consultant pour l’Agence Antidopage Estonienne, interrogé par Le Monde.