C’est dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris que le Paris FC a officialisée la semaine dernière l’arrivée d’un renfort de poids. Le géant du BTP Vinci devient son principal partenaire.

Fort de cette arrivée aux côtés d’Oscaro et Nestlé, le budget du PFC va subitement connaître une accélération et se situer entre 10 et 12 millions d’euros en cas d’accession à la Ligue 2. Si les négociations ont été longues (elles ont démarré au mois de juillet dernier), c’est que le contrat comprend plusieurs volets. Vinci versera au minimum 5 millions d’euros sur cinq ans au PFC, selon les indiscrétions. Cette somme est répartie entre sponsoring (maillot et affichage au stade) ainsi que des aides à la formation et à la PFC Academy. En cas de montée en Ligue 2, le PFC continuera à évoluer au stade Charléty. Avec l’aide de la mairie de Paris, l’enceinte du XIIIe arrondissement va subir un léger lifting (un de plus) pour répondre au cahier des charges de la Ligue de football professionnel (LFP) et permettre au PFC d’obtenir la licence club.

Charléty n’est pas le stade idéal, mais ça reste une belle infrastructure, estime Pierre Ferracci, le président du PFC. En L2, la question du stade ne se pose pas, mais elle se posera un jour si nous accédons à la L1. Ce ne sera pas au stade Jean-Bouin, car la mairie souhaite qu’il soit uniquement réservé pour le rugby. L’idée du Stade de France, toujours sans club résident depuis son inauguration en 1998, ressurgit inévitablement. Le partenariat avec Vinci, concessionnaire exploitant et actionnaire majoritaire (67%) du consortium à travers sa filiale Vinci Concessions, prédestine le PFC à occuper les lieux à moyen terme.

Le contrat est évolutif. Il sera ainsi revu à la hausse en cas de montée en Ligue 2 puis en Ligue 1, l’ambition à l’horizon 2019 (lors du cinquantenaire du club) ouvertement affichée par Pierre Ferracci. Nous sommes heureux et fiers qu’un groupe mondial comme Vinci nous rejoigne, souligne le président du PFC. C’est une belle reconnaissance pour le club. Vinci va nous aider à grandir sur le plan sportif mais nous accompagnera aussi dans notre projet socioéconomique.

Dans le cadre du second volet du partenariat, éducatif et social, l’objectif est de soutenir le développement de l’activité de la formation des jeunes joueurs via la Paris FC Academy et le centre de formation. Cette collaboration a notamment pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle et la reconversion des jeunes joueurs du club. Des modules et ateliers dédiés (parcours d’immersion en entreprise, ateliers d’aide à la rédaction de CV, simulations d’entretiens d’embauches, etc.) seront ainsi intégrés dans la formation des joueurs. Le passage d’un jeune dans le monde du football doit être dans tous les cas de figure une chance d’épanouissement personnel, indique Pierre Ferracci. Or dans un milieu aussi sélectif, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, aussi est-il de la responsabilité d’un club formateur d’aider également ses jeunes joueurs à entretenir un lien fort avec le monde du travail hors de la sphère du football. Vinci sera un partenaire précieux pour nous accompagner dans notre projet tant sportif qu’éducatif. Pour Pierre Coppey, directeur général délégué de Vinci, c’est un challenge à relever ensemble, le début d’une belle aventure sportive et humaine.

Par le biais de ses filiales (voir encadré), Vinci est déjà présent dans le sport de haut niveau. Mais c’est la première fois qu’il s’implique au côté d’un club de football. On est régulièrement sollicité, reconnaît Pierre Coppey. Mais notre vocation n’est pas de soutenir des grands clubs. Avec le PFC, on ne s’est pas acheté un maillot. Nous avons d’abord été séduits par la dimension entrepreneuriale et sociale du PFC, sa capacité de développement. Nous avons 22 000 employés sur le bassin parisien, nous sommes un acteur et un constructeur dans la cité.

Le défi sportif va de pair avec le souci d’œuvrer à ce que le sport – et le football en particulier – soit un facteur d’intégration sociale, ajoute-t-il.
Vinci et le sport

Les filiales de Vinci soutiennent le monde sportif à travers différents partenariats : Vinci Construction France et VINCI Energies pour le Racing 92 ; Eurovia, partenaire de la Fédération française d’athlétisme ; ou encore Vinci Autoroutes qui a récemment signé avec le Ministère de la jeunesse et des sports une convention-cadre relative à la professionnalisation des sportifs de haut niveau.

Vinci est surtout présent dans la concession et l’exploitation de plusieurs stades, comme le Stade de France, l’Allianz Riviera de Nice, le futur Nouveau Stade de Bordeaux, inauguré en mai prochain, ou encore l’Olympic Stadium de Londres depuis ce début d’année. Vinci dispose d’un département dédié, Vinci Stadium, au service du développement de l’économie des stades (naming, marketing, événements).