L’audition d’Edgar Grospiron devant le Sénat n’avait rien d’un simple exercice institutionnel. À quatre ans des Jeux olympiques d’hiver 2030, le président du comité d’organisation (Cojop) devait répondre à une interrogation centrale : la gouvernance des Alpes françaises 2030 est-elle suffisamment solide pour garantir la livraison du projet et sécuriser son modèle économique ?
Au-delà des démissions récentes et des ajustements internes, le cap fixé est clair : stabiliser l’organisation avant l’été pour entrer pleinement dans la phase opérationnelle. Grospiron assume un retard limité, qu’il chiffre à un à deux mois sur l’organisation interne et à quelques mois sur une fraction de la carte des sites. Il soutient que ces ajustements visent précisément à éviter une fragilité structurelle à moyen terme.
L’équation est d’abord financière. Avec un budget de 2.132 M€, le Cojop doit lever 591 M€ de partenariats domestiques. La signature du contrat de marketing conjoint avec le CIO la semaine dernière ouvre la voie à la commercialisation de six catégories, mais la séquence médiatique récente a freiné les engagements. Restaurer la crédibilité de la gouvernance devient donc un impératif économique. La capacité à lever 591 M€ de partenariats domestiques constitue désormais un test de crédibilité.
Edgar Grospiron a confirmé des discussions engagées avec des entreprises françaises. Il a toutefois reconnu que les soubresauts médiatiques ont ralenti les signatures : « Les turbulences auxquelles on fait face ne permettent pas de créer les conditions pour signer maintenant les partenariats », a-t-il admis. Dans un modèle où près des trois quarts des ressources proviennent du secteur privé, la stabilisation de la gouvernance est un facteur direct de performance commerciale. La confiance des partenaires dépend aussi de la perception d’une organisation fiable et lisible.