Cinquième capitalisation du CAC 40, Schneider Electric reste pourtant un géant discret malgré ses 40 Md€ de chiffre d’affaires. Son partenariat titre avec le Marathon de Paris est l’un des rares leviers où l’entreprise choisit de se montrer.
Depuis 2013, le nom de Schneider Electric précède officiellement celui du Marathon de Paris. Treize éditions, plusieurs renouvellements de contrat, une communauté de coureurs maison qui dépasse les 6.000 participants par an… Ce partenariat est devenu l’un des cas les plus étudiés du naming. Il dit quelque chose d’essentiel sur ce qu’une entreprise B2B cherche, et souvent ne trouve pas facilement, dans le sport : un territoire d’expression grand public cohérent avec son cœur de métier.
Schneider Electric, la puissance invisible
Le paradoxe Schneider est réel. Avec une capitalisation boursière de 140 Md€, l’équipementier devance TotalEnergies au classement du CAC 40 par exemple. Ses ventes ont progressé de 9 % en 2025, portées notamment par l’explosion de la demande en data centers, pour dépasser désormais les 40 Md€. Schneider Electric est partout dans les infrastructures mondiales, et nulle part dans les conversations du grand public. Un peu comme son organisation qui détonne avec un directeur général, Olivier Blum, installé à Dubaï, un comité exécutif réparti dans huit pays, et son président, Jean-Pascal Tricoire, basé à Hong Kong. C’est précisément ce hiatus que le Marathon de Paris est chargé de combler.
Le marathon, CRM géant et laboratoire RSE
La course à pied présente une caractéristique rare : elle est à la fois sport de masse et sport d’élite, pratiquée dans les directions générales comme sur les chantiers. Pour une marque qui vend à des collectivités, des industriels, des gestionnaires d’immeubles et des opérateurs d’infrastructures, c’est un terrain de rencontre sans équivalent. En 2024, près de 7.700 clients, partenaires et employés de Schneider Electric prenaient le départ à Paris. Soit la plus grande équipe d’entreprise engagée dans un marathon au monde. L’événement coïncidait avec l’Innovation Summit parisien de Schneider Electric, transformant la semaine de course en plateforme commerciale et relationnelle à part entière. On ne reçoit plus ses clients dans une loge : on court 42 km (plus 195 mètres) avec eux.
Mais le partenariat ne se résume pas à de l’hospitalité habillée en short. Le Schneider Electric Marathon de Paris a été signataire en 2017, sous l’égide du Ministère des Sports et du WWF, de la première Charte des 15 engagements écoresponsables des Grands Événements Sportifs Internationaux. Premier marathon au monde à compenser 100 % de son empreinte carbone, l’événement est devenu un démonstrateur grandeur nature de la promesse commerciale de Schneider Electric : gérer l’énergie mieux, réduire les émissions, mesurer les impacts.
La mue de 2026

L’édition 2026, prévue le 12 avril, marque une nouvelle étape du partenariat avec Amaury Sport Organisation (ASO) conclu jusqu’en 2029, soit seize ans de naming continu sur l’un des deux premiers marathons mondiaux en nombre de « finishers » (97,4 % des participants franchissent la ligne d’arrivée, ndlr). Pour accompagner cette longévité, l’événement se dote d’une identité graphique revisitée, pensée pour exister toute l’année en ligne et « briller le jour J », mettant en avant la notion de perspective, celle des coureurs progressant vers les monuments de Paris, et l’émotion collective d’un parcours iconique.
Sur le volet sociétal, la course caritative Paris Run for All, portée conjointement par Schneider Electric, entre dans sa quatrième année consécutive. Le 11 avril, ce parcours de 5 km reversera l’intégralité de ses recettes à Nightline France, association dédiée à la santé mentale des étudiants. « Chaque année cet événement majeur réunit les amoureux du sport du monde entier et devient le haut lieu de toutes les valeurs portées par Schneider Electric : dépassement de soi et performance, esprit d’équipe et ouverture aux autres, inclusion et durabilité », commente Aymeric Renaud, Président de Schneider Electric France. « Quelle fierté pour nous de pouvoir y impliquer également nos collaborateurs, nos clients et partenaires pour un moment de partage mémorable et qui illustre notre sens de l’expérience client. »
Ce glissement progressif de la cause environnementale vers la santé mentale des jeunes révèle une marque qui ajuste ses engagements à la société, sans renier ses fondamentaux. C’est peut-être là la meilleure définition d’un sponsoring durable : non pas un contrat reconduit par inertie, mais un partenariat qui se réinvente parce qu’il reste utile aux deux parties et au-delà, à ceux qui courent.

