Deux mois après avoir repris la concession du Marathon et du semi-marathon de Paris, le groupement Cadence doit faire valider par le Conseil de Paris un nouveau partenaire-titre pour l’épreuve phare : l’équipementier japonais Asics succéderait à Schneider Electric dès 2027. Un choix mené à vive allure, qui doit démontrer la solidité du nouveau concessionnaire, alors qu’Amaury Sport Organisation (ASO) conteste toujours la légitimité de son attribution.
Selon une source proche de l’organisation citée par Le Parisien, la course reine du running français doit devenir le « Asics Marathon de Paris » dès 2027. Une délibération entérinant ce choix vient d’être transmise aux conseillers de Paris, qui doivent se prononcer à la mi-juillet.
Un partenaire qui n’était pas loin
La vitesse d’exécution frappe. Cadence (Havas, Keneo et Ose Event) n’a officiellement succédé à ASO qu’en mai, et le référé-suspension déposé par l’organisateur historique n’a été rejeté par le tribunal administratif que le 3 juillet (ASO a été condamné à verser 1 800 € à la Ville de Paris et au groupement). Le temps de sécuriser juridiquement sa concession, le nouvel exploitant fait déjà annoncer son partenaire-titre, à quelques semaines de l’ouverture de la vente des dossards, prévue à la rentrée. Les discussions ont été menées dans des délais contraints, avec la volonté d’« associer les courses à des marques légitimes dans l’univers du running ».
Le nouvel organisateur n’a pas eu à chercher bien loin. Partenaire majeur de la course depuis 17 ans, Asics avait signé, il y a deux ans, une prolongation jusqu’en 2031 avec ASO, devenue caduque avec le changement de concessionnaire. L’équipementier japonais, leader du marché du running en France, entretient par ailleurs une relation institutionnelle avec la Ville de Paris depuis 2023, via la convention « Paris, bouge ton esprit », consacrée à la santé mentale par le sport. Un terrain déjà balisé, qui a sans doute facilité la bascule vers un partenariat-titre au moment du changement de concession.
Une crédibilité à conquérir
Pour Cadence, annoncer aussi vite un partenaire-titre de premier plan répond aussi à une nécessité : rassurer sur sa capacité à gérer une épreuve qui a réuni près de 60 000 coureurs en 2026. Dans son recours, ASO contestait la note attribuée à l’expertise événementielle du groupement, ainsi que sa redevance minimale garantie (3,5 M€ par an, contre plus de 4 M€ pour ASO et pour Playground, le troisième candidat évincé). Le Conseil de Paris a pourtant validé largement l’analyse de son administration (78 voix pour, 44 contre, 13 abstentions), s’appuyant notamment sur l’expertise événementielle de Havas.
Quel intérêt pour Asics ?
Pour l’équipementier, l’opération replace la marque au cœur de sa légitimité sectorielle. Partenaire-titre d’une épreuve dont la marge de progression reste importante face à des marathons comme New York (Paris revendique environ 200 000 spectateurs quand l’épreuve new yorkaise en réuni dix fois plus, ndlr), Asics s’assure un dialogue direct avec la communauté des coureurs, cœur de cible de son positionnement historique. Un rôle déjà occupé auprès des traileurs de l’Asics SaintéLyon. Le naming appartenait à Schneider Electric depuis 2013, dans le cadre d’un accord indissociable du contrat liant ASO à la Ville de Paris. Le changement de concessionnaire a mécaniquement remis ces engagements à plat. Selon une source proche de l’organisation, l’énergéticien « reste ouvert à de futures opportunités, s’inscrivant dans ses priorités stratégiques ». Quant au semi-marathon de Paris, également confié au groupement Cadence, il conserverait, lui, son partenaire-titre actuel, Hoka, autre marque spécialisée dans le running.
