Le gain de la Coupe du monde 2023 vient conforter Bernard Laporte en pleine zone de turbulences et confirme la France dans un rôle central d’organisateur d’événements. Reste à savoir exploiter les retombées espérées de l’organisation.

Les deux hommes forts de la candidature tricolore, le président de la Fédération, Bernard Laporte, et le directeur de France 2023, Claude Atcher, avaient donc raison de se montrer optimistes. Le dossier français, pourtant classé deuxième du rapport d’évaluation, a convaincu les membres du conseil de World Rugby dès le premier tour : il y a récolté 18 voix (contre 13 pour l’Afrique du Sud et 8 pour l’Irlande), et 24 au second, contre 15 pour l’Afrique du Sud. « Je ne sais pas si on est bon, mais le combat, on aime ça », a commenté Bernard Laporte. Critiquée pour son lobbying inefficace il y a quelques années, la France semble avoir appris de ses erreurs. Les représentants de la candidature français se sont rendus dans quinze pays situés sur tous les continents pour promouvoir leur dossier.

Pour le président de la FFR, cette attribution constitue un succès, dans un contexte pesant, puisque les conclusions de l’enquête diligentée à son encontre par le ministère des Sports pour des soupçons de favoritisme sont attendues sous peu. L’organisation de la Coupe du monde 2023 est également une bouffée d’oxygène pour la FFR : elle devrait donner un coup de fouet au rugby français, par les recettes générées et l’exposition induite. Le XV de France est en plein marasme sportif et le nombre de licenciés est en baisse (- 16.500 en 2016-2017). Outre les infrastructures, le point fort annoncé du dossier français est financier, avec des revenus reversés à World Rugby estimés à quelque 300 millions d’euros.

L’attribution du Mondial 2023 n’est que le dernier chapitre d’une longue série d’événements prestigieux que la France s’apprête à organiser : Ryder Cup 2018, Championnat d’Europe de handball féminin 2018, Coupe du monde féminine de football 2019, avant l’apothéose des Jeux olympiques de 2024. La peur du vide n’est donc pas pour tout de suite.