Bernard Laporte évoque les sujets qui entachent l’image du rugby français comme ses liens avec Mohed Altrad, patron du groupe du même nom et président de Montpellier. Le président de la FFR affirme son innocence, en niant sur chacun des points qui fâchent un quelconque caractère de gravité.

Invité la semaine dernière sur RMC, la radio sur laquelle il officiait avant son élection à la présidence de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte s’est défendu de tout favoritisme envers Mohed Altrad, président du club de Montpellier et sponsor maillot du XV de France. Il a répété qu’il ne démissionnerait « jamais », même s’il était mis en examen. « Une mise en examen, tu as accès au dossier, on ne dit pas que tu es coupable, explique-t-il. Une mise en examen n’est pas une condamnation. Mohed Altrad est un homme formidable, surtout pour le rugby amateur. Cet homme qu’on décrie partout, qu’on salit partout, il a fait un chèque pour le développement du rugby amateur, grosso modo de 40 M€ jusqu’en 2023. J’en voudrais deux ou trois comme lui. » Dont acte. « Je n’ai rien fait, absolument rien fait, poursuit Laporte. Je suis droit dans mes bottes, il n’y a aucun souci. Un rapport est sorti de l’inspection générale du ministère des Sports, aucun élément ne dit qu’il y a eu une intervention. Aucun. » Quant à une supposée grogne des principaux sponsors du XV de France, là encore Laporte dément: « C’est tout le contraire. Ils ont été consultés. Les conditions ? C’est un appel d’offres. (…) J’ai de très bonnes relations avec nos grands sponsors et jamais quelqu’un ne m’a dit que ça ne lui plaisait pas. On a deux partenaires qui m’ont contacté et qui veulent intégrer le FFR. Donc ça me fait un peu sourire tout ça. »

L’Equipe a révélé que les principaux sponsors de la FFR (GMF, Société Générale, Orange et BMW) ont cosigné une lettre envoyée à la FFR mettant en garde la Fédération suite aux nombreuses affaires (Laporte/Altrad, BMW prêtée par Laporte à un associé, licenciement de Guy Novès, affaires extra-sportives…) qui ternissent l’image du rugby, et donc par ricochet la capacité de ces sponsors à capitaliser sur les « valeurs » du rugby. Ils critiquent également l’arrivée, « sans consultation préalable » d’Altrad en tant que sponsor principal. La GMF (partenaire de la FFR depuis 1985) a même dépêché un huissier de justice, accompagné de policiers, avant le match France – Italie, le 23 février, afin de vérifier si la visibilité des publicités GMF, étaient en accord avec les contrats signés. Ambiance… Orange et BMW négocieraient à la baisse leur engagement. Ils estiment que la présence d’Altrad diminuerait leur visibilité. D’autant qu’Altrad aurait signé pour une présence sur le maillot durant 9 matchs pour 1,5 M€, alors que la FFR leur avait proposé un tarif de… 1M€ par match (sic) !

Depuis plusieurs mois, les liens entre Bernard Laporte et Mohed Altrad font polémique. En cause, de supposées pressions du président de la FFR sur la commission d’appel pour réduire des sanctions à l’encontre du MHR. Mais également un contrat d’image passé entre les deux hommes, auquel Laporte a finalement renoncé en août 2017. Des affaires qui ont conduit le ministère des Sports à ouvrir une enquête et à transmettre le dossier à la justice, qui a mené des perquisitions au siège de la FFR, ainsi qu’aux domiciles de Laporte et Altrad.