Le délai de quatre semaines exprimé par le Comité international olympique (CIO) pour étudier un possible report des Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août) n’ira pas à son terme. Le Japon demande officiellement une reprogrammation des Jeux de Tokyo dans un an.

Face à la pandémie de coronavirus, le Japon se résout à demander un report d’un an des Jeux olympiques d’été de Tokyo 2020, ce que le Comité international olympique (CIO) a accepté. «J’ai proposé de les reporter d’environ un an et le président du Comité international olympique (Thomas) Bach a accepté à 100%», a annoncé mardi le Premier ministre japonais Shinzo Abe devant les caméras de télévision, à l’issue d’une conférence téléphonique avec Thomas Bach.

Les autorités japonaises et le CIO ont été longtemps réticents à envisager officiellement de modifier le calendrier des JO. Jusqu’à ce week-end. Le CIO avait indiqué dimanche qu’il se donnait quatre semaines pour prendre une décision mais la pression d’athlètes, puis de fédérations sportives nationales et internationales, devenait de jour en jour plus forte avec la propagation inexorable du coronavirus. «Mon interprétation de l’annonce du CIO (de dimanche) est qu’ils ne veulent pas annuler les JO et qu’ils ne pensent pas pouvoir continuer de les maintenir à la date du 24 juillet», avait expliqué à l’AFP le Canadien Dick Pound, membre historique du CIO. Le scénario était en effet écrit d’avance. Le Canada a été le premier pays à signifier son refus d’envoyer une délégation à Tokyo cet été. Les fédérations internationales ont emprunté la voie express qui venait de s’ouvrir pour demander un report comme la fédération internationale d’athlétisme, sport numéro un aux JO. World Athletics estimait qu’ouvrir les Jeux le 24 juillet n’était «ni faisable ni souhaitable», selon son président Sebastian Coe, architecte des Jeux de Londres en 2012. Ni les sponsors, ni les télévisions qui financent le CIO ne se sont exprimés sur le sujet. Mais le mouvement sportif avait compris la tendance. Le Comité national suisse a officiellement demandé lundi le report des JO. Comme son homologue d’Australie. C’était avant que le dernier clou sur le cercueil ne soit enfoncé par le comité olympique américain, plus grosse délégation aux Jeux, se positionne lui aussi en faveur d’un renvoi de l’échéance.

C’est un énorme coup dur pour la ville de Tokyo et le Japon, qui se préparaient depuis sept ans à accueillir le plus grand événement sportif de la planète, puis les Jeux Paralympiques du 25 août au 6 septembre.

C’est une première dans l’histoire olympique de l’ère moderne en temps de paix. Auparavant seuls les deux conflits mondiaux du 20e siècle avaient entraîné le report technique puis l’annulation de Jeux.

Le communiqué du CIO
«Dans les circonstances actuelles, sur la base des informations fournies par l’Organisation mondiale de la santé, le président du CIO et le Premier ministre du Japon ont conclu que les Jeux de la XXXIIe olympiade à Tokyo doivent être reprogrammés à une date au-delà de 2020, mais pas plus tard que l’été 2021, afin de sauvegarder la santé des athlètes et de toutes les personnes impliquées dans les Jeux Olympiques et la communauté internationale », indique le CIO dans un communiqué.