Crescendo Management fête ses 10 ans. Cette agence de Marketing et de Relations Publiques accompagne exclusivement des personnalités du monde du sport. Kalem Mauvois, son fondateur, nous explique les raisons de ce succès. Avec Paris 2024 dans le viseur, il nous offre son regard sur son métier et les enjeux qui attendent entreprises et sportifs à l’approche de cette échéance.

Agent d’image ou agence de Relations Publiques, comment définissez-vous votre métier aujourd’hui ?

C’est un métier que nous sommes quelques uns à avoir imposé dans le sport français, à la fin des années 2000. Il existe pourtant depuis de nombreuses années aux Etats-Unis. Lorsqu’un athlète de Haut Niveau se distingue par ses performances, il accède au statut de personnalité publique. Cela lui ouvre un certain nombre de privilèges mais aussi beaucoup de contraintes et d’obligations vis à vis des médias, des sponsors, des instances etc… Nous intervenons au plus près d’eux pour aider à structurer leurs efforts vis à vis de ces publics ainsi que pour monétiser ce capital de notoriété qui en résulte.

Quel est selon vous le facteur de succès dans votre métier ? 

L’aspect commercial de notre métier est évidemment très important. Nous nous sommes toutefois aperçus au fil des années que l’objectif primordial de toute carrière au Haut Niveau demeurait la reconversion. C’est le juge de paix selon moi et la raison pour laquelle nous avons développé le concept de Notoriété Utile. C’est une vision à plus long terme qui invite chaque personnalité à se forger une réputation durable sur et en-dehors des terrains. Cela constitue, selon nous, un sésame irremplaçable pour une après-carrière réussie.

Kalem Mauvois

Votre philosophie est donc de préparer la reconversion des sportifs  ? 

Je n’irai pas jusque-là. Notre rôle est bien entendu de les faire rayonner autant que possible au delà des arènes sportives. Nous considérons cependant que les efforts que nous fournissons doivent s’inscrire dans une construction d’ensemble qui peut les mener dans la durée vers des rôles d’Encadrants sportifs, de Journalistes, d’Entrepreneurs, de Philanthropes… et même de chef cuisinier !

Comment votre agence a-t-elle traversé la période COVID et les Jeux Olympiques moins flamboyants qui en ont résulté ? 

Notre activité n’est peut-être pas représentative du secteur sportif dans son ensemble. Les personnalités que nous accompagnons ne sont probablement pas celles qui ont été les plus fragilisées par l’arrêt des compétitions. Il faut aussi reconnaître que l’Etat a maintenu la plupart de ses dispositifs d’aide au sport de haut niveau et que les entreprises ont également joué le jeu en prolongeant d’un an leurs contrats. D’autres sportifs moins établis ont probablement plus souffert de cet intermède forcé.

Le report d’un an des derniers JO a écourté ce cycle olympique qui nous mènera jusqu’à Paris 2024. Les Jeux sont déjà dans 2 ans. Comment se prépare-t-on à cet cette échéance primordiale ?

Pour nous-tous passionnés de sport, ces Jeux symbolisent beaucoup de choses. Comme toujours, c’est d’abord ce qui se passe sur le terrain qui primera sur le reste. Ce sera tout-de-même une belle fête qui générera un intérêt décuplé en France. Certaines entreprises ou collectivités ne le réalisent pas encore. Nous essayons de les y sensibiliser car c’est l’anticipation qui aidera à créer des activations impactantes et mémorables.

Votre agence accompagne plusieurs grands noms du sport comme Rudy Gobert , Pascal Martinot ou encore Kevin Tillie. Comment vous y prenez-vous pour gérer ses personnalités à fort égo ?

Ce sont tous de très grands champions. Ils ont donc vis à vis de nous le même niveau d’attente élevé qu’ils s’appliquent à eux-mêmes. Le marché est parfois ce qu’il est mais nous essayons d’être rigoureux et lucides dans les efforts que nous fournissons. Une carrière au haut niveau n’est pas une grande ligne droite. Elle réclame aussi de notre part beaucoup de constance et de préparation pour être porteurs de valeur ajoutée.  

Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre métier ?

Je dirais que notre métier se structure et se professionnalise graduellement. Lorsque j’ai débuté, les niveaux de compétence étaient extrêmement hétérogènes dans le secteur. On le voit dans le foot notamment, les sportifs communiquent de mieux en mieux individuellement. Knysna est assez loin derrière nous aujourd’hui… Pour être porteurs de valeur ajoutée en communication, on n’a pas le choix que de se former pour être performant. Je milite activement pour que ça soit le cas. Les athlètes que nous représentons le méritent. Cela contribue aussi, à des échelles diverses, à faire rayonner le sport français à sa juste valeur.