Le Comité international olympique (CIO) se défend d’avoir cédé à la pression des diffuseurs pour exclure Doha des villes autorisées à concourir à l’organisation des Jeux olympiques de 2020. Doha souffre en réalité d’un handicap incurable aux yeux du CIO dans sa forme actuelle.

La rumeur s’est répandue à une vitesse folle. L’exclusion de Doha de la candidature à l’organisation des Jeux olympiques de 2020 est le fait des télévisions. Après tout, sur le plan technique, la capitale qatarie obtient, au vu du rapport du groupe de travail 2020, des notes comparables à celles de Madrid et Tokyo, les meilleures élèves. Sur le plan technique (transports, infrastructures, compacité, soutien des autorités…), la capitale qatarie, familière de l’organisation de grands événements sportifs, n’a rien à envier aux trois villes retenues pour ferrailler jusqu’à la finale en septembre 2013. En revanche, elle souffre d’un handicap incurable: la chaleur (près de 45 degrés) qui y règne en juillet et en août, les deux mois privilégiés par le CIO pour organiser les Jeux. Cette année, contrairement à ce qui s’était passé pour 2016, Doha avait été autorisée par le CIO, les fédérations internationales et le comités nationaux olympiques, à décaler ses dates prévisionnelles en octobre. C’était sans compter sur le puissant lobby des diffuseurs pour qui des JO automnaux reviennent à proposer des JO du week-end et une audience moindre, comme le souligne le rapport. Le changement de dates (qui était proposé par Doha, de juillet-août à octobre, ndlr) a évidemment un effet sur les retransmissions mais ces questions là n’ont rien à voir avec la décision du CIO, a répondu Jacques Rogge lors de la conférence de presse qui concluait la réunion de la commission exécutive du CIO à Québec. En 2000, ces mêmes chaînes avaient été moins regardantes avec Sydney… et ses Jeux en septembre. L’argument de la chaleur n’a pas empêché non plus la FIFA d’offrir au Qatar le Mondial 2022. A la surprise générale il est vrai.

Offrir les Jeux au Qatar, ce serait exposer le CIO aux mêmes risques que la FIFA

Interrogé sur l’avenir olympique de Doha, qui échoue pour la seconde fois à devenir candidate pour les JO, le président du Comité international olympique a estimé qu’il ne pouvait se prononcer sur la position du CIO dans un futur où il ne serait plus là, c’est à dire après septembre 2013, année où un nouveau patron sera élu à la tête de l’institution olympique. Rio (élu pour 2016, ndlr) a essayé trois fois, Pyeongchang a essayé trois fois, a-t-il rappelé. Sauf que Doha n’a encore jamais été autorisé à essayer… En lisant entre les lignes, on comprend que le CIO ne veut pas de cette candidature. Son président, Jacques Rogge, n’en a jamais fait mystère. En 2008, il déclarait qu’une ville de moins de 2 millions d’habitants ne (pouvait) prétendre à accueillir les Jeux. Le Qatar tout entier n’arrive pas à ce seuil fatidique. Déçus et surpris par la décision du CIO, les responsables du projet annoncent qu’ils vont tirer les leçons de leur échec. Et déposer un nouveau dossier ? A ce stade, une nouvelle candidature, pour 2024 par exemple, serait assurément aussi vaine que les précédentes. Offrir les Jeux au Qatar, ce serait exposer le CIO aux mêmes risques que la FIFA, indique un membre de l’institution olympique, évoquant les soupçons de corruption qui ont entouré l’octroi du Mondial 2022 au pays du Golfe.