Déjà la vague numéro 11 de notre baromètre exclusif Sponsoring.fr réalisée avec Future Thinking France et Respondi sur les grands événements sportifs internationaux organisés sur le sol français au cours des prochaines années ou des prochains mois. Sur cette dernière vague, l’organisation des Championnats d’Europe d’athlétisme à Paris, en août 2020, et la Coupe du monde de rugby 2023 bénéficient à la fois d’une hausse de leur notoriété respective et d’un regain d’intérêt de la part des sondés pour suivre l’événement. Pour Paris 2024, les résultats restent stables. Le focus sur la perception par les Français des événements éco-responsables devrait intéresser tous les organisateurs de manifestation. Ils apprendront que les Français gardent la dent dure envers Total.

On ne dévie pas la trajectoire d’un paquebot comme Paris 2024 facilement. Depuis la désignation de Paris comme ville organisatrice des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, les deux événements caracolent en tête. Les résultats de cette onzième vague montrent que 88% des Français (85% en avril 2019) savent que la France organisera les JO d’été en 2024 et 68 % sont au courant de l’organisation des Jeux Paralympiques la même année (comme lors de la précédente vague). Deux ans après l’annonce de Paris comme ville hôte, 61% des Français sont «contents que Paris organise les Jeux». Une proportion assez stable dans le temps avec toujours un intérêt beaucoup plus prononcé auprès des Fans de sports (80%) et même, sur cette vague, auprès des Franciliens (67%).

Les Français sont méfiants

Le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 a fait plusieurs annonces concernant l’impact environnemental des Jeux. Mais de la parole aux actes, les Français demandent à voir. Selon les sondés, les JO auront avant un impact positif sur le « tourisme/l’image de Paris et en Ile-de-France », et sur les équipements sportifs en Ile-de-France (avec l’héritage programmé de piscines pour la Seine-Saint-Denis). Mais ils sont toujours aussi méfiants sur l’environnement et la pollution, l’impact sur les finances publiques et l’évolution vers une société durable. En novembre 2019, 54% des Français ne croient pas que Paris va tenir sa promesse de réaliser les Jeux les plus écologiques de l’histoire : une proportion plutôt stable sur un an. « L’enjeu écologique est devenu prégnant, selon Benoît Parraud, Directeur du Pôle Services de Future Thinking France. Les craintes environnementales s’ajoutent à la peur d’une dérive financière possible des Jeux. Sur l’environnement, les Français attendent des preuves que cette promesse sera réalisée. Mais encore une fois, l’événement est loin. »

Total, le mal-aimé

Au cœur de l’été 2019, Paris 2024 pensait avoir accroché un poids lourd de l’économie français comme partenaire avec Total. Devant la levée de boucliers, le pétrolier s’est retiré. Beaucoup ont critiqué le coup de force d’Anne Hidalgo, maire de Paris. Il semble pourtant que son hostilité à l’égard de Total soit partagée par les Français. Lorsqu’on leur pose la question, plus de la moitié des Français (52%) trouve gênant que des entreprises comme Total (ou liées à des énergies fossiles) soient sponsors d’événements sportifs ou de clubs professionnels de sport. Une surprise et un résultat paradoxal. Vague après vague de notre baromètre, les Français demandent un financement alternatif aux fonds publics pour l’organisation des Jeux. Mais ils refusent un partenaire comme Total. « Anne Hidalgo a fait un choix politique fort, estime Benoît Parraud. Il est validé par les Français. Il y a une prise de conscience des enjeux de la transition énergétique. Total paye son activité première. C’est un symbole. » EDF n’avait pas encore annoncé son partenariat avec le COJO lors de l’étude de terrain. L’énergéticien serait-il lui aussi jugé sévèrement ? « Sans doute que non. EDF c’est l’entreprise des Français. Un partenaire de la natation, du football ou du handisport depuis des années. Par ailleurs, EDF a une communication, notamment sur la RSE, à l’opposé de celle de Total.»

Organisation éco-responsable

44% des Français pensent qu’il est essentiel de tenter de limiter l’empreinte écologique des événements sportifs, et 43% pensent que cela va dans le bon sens. A l’inverse, seulement 13% pensent qu’il s’agit d’un non-sens. « La conclusion est simple : il n’est plus possible d’organiser son événement sportif sans tenir compte de son empreinte environnementale », juge le responsable de Future Thinking France. Les actions jugées les plus prioritaires pour tendre à devenir un organisateur d’évènements sportifs «éco-responsable» sont : la réduction des déchets, l’utilisation de modes de transports moins polluants, et la réduction de la consommation d’eau/d’énergie.

L’athlétisme décolle
En août 2020, Paris organisera les Championnats d’Europe d’athlétisme. L’événement connaît un regain d’intérêt. Les Championnats d’Europe d’Athlétisme à Paris du 26au 30 août 2020 approchant, la notoriété de l’évènement (+6 points) et l’intention de le suivre (+5 points auprès des Fans de sport) progressent. L’effet Doha 2019 est passé par là. La notoriété de la Coupe du Monde de rugby (septembre à octobre 2023) progresse aussi sur cette vague. Le spotlight sur ce sport lors de la dernière Coupe du Monde au Japon en est responsable. « Le mimétisme est flagrant entre les deux événements, décrypte Benoît Parraud. L’athlétisme comme le rugby ont profité de la tenue d’un rendez-vous mondial pour émerger auprès des sondés. Le ballon ovale a également bénéficié du changement de sélectionneur, avec l’arrivée de Fabien Galthié à la tête du XV France. Ce type d’annonce reste un temps fort de la communication. » Hors terrain, l’athlétisme a aussi fait beaucoup parler… « Les événements liés au dopage sont arrivés après l’enquête terrain, précise Benoît Parraud. Ils sont à décorréler des résultats obtenus. En revanche, les Championnats du monde à Doha ont servi de caisse de résonance tellement l’événement était irrationnel avec des courses de nuit, un stade climatisé… L’ensemble a servi d’écho au Championnat d’Europe, sans le desservir. » Car l’athlétisme reste une discipline phare du sport. « Il y a toujours eu un fond d’amateurs connaisseurs de l’événement, ajoute notre spécialiste. L’athlétisme bénéficie d’un socle de soutiens. C’est le sport olympique par excellence. Il y a tellement d’épreuves qu’on trouve toujours un intérêt pour s’y intéresser. » Il y a eu Doha 2019, mais pas que. Laurent Boquillet, Directeur général de Paris 2020, nous énumère les différentes actions conduites par le comité d’organisation au cours des derniers mois et les principaux temps forts de la communication à venir : « en septembre, nous avons ouvert la billetterie à la famille de l’athlétisme, puis fin octobre au grand public. Un clip promotionnel a été diffusé sur France Télévisions au cours des Championnats du monde de Doha afin de communiquer directement avec notre cible. Sur les 150.000 billets à vendre, 25% de l’objectif de vente a été atteint en moins de trois mois. Novembre correspond également à l’ouverture des inscriptions pour les 1.400 volontaires recherchés. Les inscriptions pour le 10 km Festival Athlé (30 août), disputés sur le parcours du semi-marathon de la compétition, sont ouvertes depuis le 19 décembre. Lors du meeting indoor de Bercy (le 2 février), nous reprendrons la parole pour dévoiler les mascottes de l’événement. Dans la foulée, ce sera l’ouverture de la billetterie à l’unité. En parallèle, un community manager nous a rejoint pour orchestrer le storytelling sur les réseaux sociaux ».

Téléchargez le Baromètre Sponsoring FTF – Vague 11 – Octobre 2019