À la fois promoteur de ses propres combats et des combats de jeunes boxeurs, il défend au quotidien l’avenir de la boxe en France. Personnage étonnant du milieu de la boxe, Jean-Marc Mormeck se dévoile pour Sponsoring.fr, avant d’affronter le champion du monde unifié Vladimir Klitschko pour le gain des titres WBA, IBF et WBO dans la catégorie Lourds, le 10 décembre prochain.

Ce championnat du monde est un objectif que vous vous étiez fixé pour effacer un mauvais souvenir ?
Un seul coup fatal lors de mon combat contre David Haye m’a obligé à arrêter deux ans. Mais, en revoyant cet Anglais (il a perdu par arrêt de l’arbitre au 7e round ses titres WBA et WBC en novembre 2007, NDLR), j’ai eu envie de prendre ma revanche et j’ai décidé de monter dans la catégorie des lourds.

2009 marque votre retour sur le ring après deux ans sans boxer. C’est aussi l’année où vous devenez votre propre promoteur. Un choix ?
Mon souhait était de devenir mon propre manager. D’une part car je suis très indépendant de nature et d’autre part car je trouve que le milieu est malsain. Certains promoteurs vous prennent pour du bétail, ils vous envoient au charbon et passent très rapidement à quelque d’autre si les résultats ne sont pas assez bons. Mais avant de devenir mon propre manager, j’ai eu des promoteurs Français dont Gérard Teysseron. J’ai même signé plusieurs années avec Don King, celui qui a accompagné les plus grands boxeurs de l’histoire.

Vous êtes vous-même donc devenu promoteur en montant le Team Mormeck ?
Après mon combat, j’organise le 15 décembre à Thiais les combats de boxeurs comme Vitu et Marie Sainte, champions de France et au niveau européen. J’en ai déjà emmené à Atlantic City, pourquoi pas les faire participer à des tournois à Las Vegas, cela dépendra des résultats… Certains jeunes boxeurs me sollicitent pour que nous avancions ensemble pour l’avenir de la boxe en France.

Justement que vous inspire-t-elle ?
Elle a été mal exploitée par les promoteurs qui faisaient beaucoup de coups mais ne pensaient pas à l’avenir. Il n’y a pas suffisamment de visibilité de ce sport. Les médias préfèrent couvrir les combats de champions, malheureusement la diffusion est une question de business.

Question business, qui sont vos sponsors ?
À chaque combat, je recherche de nouveaux sponsors. Pour le combat contre Klitschko, je suis en discussion avec Adidas qui m’accompagne ponctuellement sur certains événements. D’autres marques comme Sony Ericsson et des villes m’ont soutenu par le passé dans mes actions pour promouvoir la boxe. La boxe est un sport populaire, pourtant j’ai le sentiment qu’en France cette discipline est délaissée par les entreprises. À la différence des Etats-Unis où les boxeurs sont suivis par de grandes marques comme Rolex, Prada.

Boxeur, promoteur, vous vous avez également essayé de lancer, en 2006, votre propre marque de vêtements sportswear, Display Sport. Racontez-nous.
C’était difficile de mener de front une carrière de boxeur et une entreprise. J’y ai donc mis fin. À cette époque, je faisais sans cesse la navette entre la France et les Etats-Unis. Il faut être impliqué dans les différents processus pour assurer le développement et la promotion de ses produits sur le marché.

Depuis, un nouveau projet vous tient à cœur : l’association 9 cube. Pouvez-vous nous la présenter ? Pourquoi cet engagement ?
L’association permet à des collégiens en difficulté de se familiariser avec les techniques de tournage et de montage de films autour de projets pédagogiques menées avec l’Académie de Créteil. Adolescent, j’étais turbulent, un professeur m’a tendu la main. Des années plus tard, le hasard l’a mis à nouveau sur mon chemin. Cela m’a conforté dans l’idée que je devais aujourd’hui à mon tour donner un coup de main. Je peux leur dire des vérités et les encourager à aller au bout de leurs rêves à condition de tout faire pour. Je suis passé par là. Et, je n’oublie jamais que j’ai été un de ces jeunes.

Affronter à Düsseldorf, en Allemagne, le redoutable Vladimir Klitschko, est-ce le plus grand défi de votre carrière ?
C’est le combat de ma vie ! Je suis déterminé ! J’ai énormément travaillé pour arriver jusqu’à ce combat, c’est légitime. Aujourd’hui, je continue à travailler pour gagner le 10 décembre. C’est sûr, c’est le plus grand défi de ma carrière, celui de prendre les titres au champion unifié des poids lourds. Ce sera un combat très difficile, je vais prendre des coups, Vladimir Klitschko est plus grand et plus fort que moi (le Russe mesure 1m98 et pèse 110 kg contre 1m81 et 98 kg pour Jean-Marc Mormeck, NDLR). Il a la technique. Mais dans un combat de boxe il n’y a pas que le physique et la technique. J’ai mis en place une stratégie et j’y crois. Je suis un compétiteur ! C’est un défi pour moi mais aussi un défi historique pour la France. Seulement deux boxeurs français ont tenté d’acquérir le titre de champion du monde des poids lourds, Carpentier en 1921 et Rodriguez en 1983. Je veux devenir le premier Français champion du monde des poids lourds.

Pascale Baziller