La Ligue nationale de handball (LNH) espère capitaliser sur les succès de l’équipe de France pour vendre son championnat. Objectif de son président, Philippe Bernart-Salles : assurer un maximum de visibilité à la compétition.

Si l’équipe de France n’arrête pas d’empiler les titres et de gagner des téléspectateurs (7,5 millions de téléspectateurs en audience cumulée pour la finale des Bleus lors du dernier Championnat du monde sur France Télévisions et Canal+), le Championnat de France de handball ne connaît pas le même attrait. A la télévision, le handball a du mal à trouver sa place. Cette saison, c’est un match par journée sur Eurosport, et un autre sur Orange Sport le mercredi soir. Pour un résultat plus que mitigé. La chaîne ne communique pas ses chiffres d’audiences. Mais sous le manteau, on parle de 3.000 à 6.000 téléspectateurs tout au plus par rencontre…

Avec le retrait annoncé d’Orange Sport, la Ligue (2,15 millions d’euros de budget) sait déjà qu’elle ne retrouvera pas le même niveau de contrat (2 millions d’euros par an, dont 1,5 million apporté par Orange Sport). La proposition commune d’Eurosport et de France Télévisions (pour ses décrochages régionaux) est largement inférieure à l’actuel accord avec 800.000 euros offerts. Les clubs savent qu’ils devront compenser un peu plus de 50.000 euros de manque à gagner dans leur futur budget. Un paradoxe incroyable. En 2008, Eurosport et Orange Sport s’engageaient avant l’or olympique de l’équipe de France à Pékin. Quatre ans plus tard, les coéquipiers de Nikola Karabatic, qui joue en France comme neuf autres de ses coéquipiers en équipe de France, ont remporté quatre titres consécutifs, et le handball des clubs décote…

Il y a une prise de conscience sur le besoin d’accélérer afin de franchir un cap, indique Philippe Bernat-Salles, président de la LNH élu en juin 2010. Je ne suis pas venu à la LNH pour tout casser, tempère l’ancien rugbyman. S’il y a des idées nouvelles à apporter, le but n’est pas de tout révolutionner.

La LNH négocie toujours avec ses partenaires TV afin d’obtenir la meilleure visibilité possible. Pour faire venir les partenaires, il faut de la médiatisation, assène Philippe Bernart-Salles. La LNH travaille de concert avec les clubs et notre agence de marketing ASO afin d’optimiser notre produit. Pour soigner sa visibilité, la LNH veut mettre en place une image unifiée de ses terrains de jeu. La panneautique devrait être uniformisée pour la télévision. De la même façon, comme le fait déjà l’EHF (la fédération européenne) avec la Ligue des champions, les sols seront identiques d’une salle à l’autre (ils sont sur fond bleu en coupe d’Europe). Ça ne rendra pas les salles françaises plus attrayantes, mais à défaut de pouvoir transformer tous les gymnases d’un coup de baguette magique, la LNH espère que le public trouvera plus rapidement ses repères.

L’idée d’une nouvelle formule de championnat a en revanche été abandonnée. Nous nous sommes aperçus qu’elle n’avait pas d’intérêt pour les clubs, ni pour les médias, indique le président de la LNH. La ligue va ainsi pouvoir se pencher sur un autre chantier épineux : le calendrier. Le championnat laisse trop souvent la place à la Ligue des champions. Si bien qu’il n’est pas rare qu’une journée de D1 se dispute sans Montpellier ni Chambéry pour cause de Coupe d’Europe concomitante. Avec des matches en retard, ou en avance selon les semaines, en pagaille. Le 3 novembre 2010, par exemple, le calendrier proposait le choc Montpellier-Chambéry en télescopage avec une journée de Ligue des champions en football. Injouable.