Il n’y a pas que les chaînes de télévision qui se disputent, à coups de millions d’euros, la diffusion d’épreuves sportives. A la radio aussi, le sport devient un programme très prisé. Illustration avec le lancement d’Europe 1 Sport.

Plutôt que de lancement, on devrait parler de relance. Car Europe 1 Sport est née le lundi 2 juin à 5h58 sur les cendres de l’ex-Sport O’FM, ex-Sport FM et ex-Sport MX. Jusqu’à présent, cette fréquence de 99.9 FM, accessible uniquement pour les auditeurs d’Ile-de-France, a surtout été un cimetière pour ses différents propriétaires. Cela pourrait changer avec la reprise en main de la fréquence par Lagardère Active. Pour la première fois, le 99.9 appartient à un groupe disposant des moyens de ses ambitions. Et Lagardère ne s’en cache pas. Europe 1 Sport est une radio avec un ancrage francilien et un potentiel national, a expliqué le futur ex-président d’Europe 1, Jean-Pierre Elkab-bach (voir encadré). Pour plusieurs personnalités interrogées, les précédentes tentatives avaient deux défauts. D’abord, un manque de moyens évident pour prétendre couvrir l’actualité sportive. A la télévision, en presse écrite, sur Internet et à la radio, l’information, qu’elle soit générale ou sportive, reste le genre le plus coûteux. Deuxièmement, la radio naviguait entre deux formats. Un peu de sport et un peu de musique. Or, ce genre d’ambivalence paraît avoir vécu.

Un recrutement très télé

Les concepteurs de la nouvelle grille promettent qu’Europe 1 Sport traitera uniquement de sport, sous forme de bulletins d’information et d’émissions de talk, animées par une pléiade de journalistes (la radio compte une douzaine de journalistes et s’appuie sur le réseau de correspondants et de consultants d’Europe 1), mais également des figures du petit écran (Didier Roustan, Nelson Monfort, Pierre Fulla, etc.). Pour l’instant le pari est tenu si l’on fait exception des bulletins météo, du trafic routier et de quelques flashes d’informations générales. Pour Jean-Pierre Elkabbach, il s’agit tout simplement d’une première. Pourtant, RTL, la station concurrente d’Europe 1, a lancé il y a plusieurs semaines de cela RTL-L’Equipe en collaboration avec le quotidien sportif. Mais il est vrai que RTL-L’Equipe n’est pas accessible depuis la bande FM puisqu’il s’agit d’une web-radio.

Le calendrier de lancement d’Europe 1 Sport n’est pas anodin. 2008 est une année riche en événements sportifs. Roland Garros a donné le départ d’une folle période où l’Euro de football (jusqu’à 29 juin) vient de prendre la place des Internationaux de France avant de laisser le Tour de France (dès le 5 juillet) prendre le relais. Lui-même posera le pied à terre à quelques encablure du début des Jeux olympiques de Pékin (8-24 août). Jusqu’à la fin août, le calendrier sportif déborde. Europe 1 Sport espère surfer sur cette riche saison pour émerger et gagner les points d’audience qui lui ont toujours fait défaut. Mais ce n’est pas la vocation première d’Europe 1 Sport. Lagardère Active voit plus loin et se positionne d’ores et déjà pour la radio de demain : la radio numérique. Tôt ou tard, les frontières de l’Ile-de-France seront trop étroites pour les ambitions du groupe Lagardère. Europe 1 Sport entend devenir nationale dans le cadre de la future radio numérique, qui sera déployée à partir de 2009 normalement (le dépôt des dossiers de candidatures auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel a été reporté à l’automne). Cette révolution annoncée permettra d’écouter sa station préférée dans une meilleure qualité de son, d’accéder à des contenus associés (info, musique, etc.) et de conserver la même fréquence sur tout le territoire. En investissant sur Europe 1 Sport, un investissement significatif pour le groupe dixit Jean-Pierre Elkabbach qui refuse d’en dévoiler le montant, Europe 1 applique une stratégie de puissance en cherchant à occuper le terrain. Et ce, sans toucher à la maison mère. La part du sport sur Europe 1 restera inchangée avec 24 à 25 heures par semaine consacrées au sport.