Selon le journal l’Equipe, les dirigeants de Canal+ se seraient mis en délicatesse avec l’UER (Union Européenne de Radio-télévision) pour l’acquisition des droits de retransmission des Jeux olympiques de Sydney. A cette occasion, la chaîne cryptée devait s’acquitter d’un tiers de la somme que verse habituellement la GRF (Groupement des Radiodiffuseurs Français) au CIO, les deux autres tiers restant à la charge de France Télévision. Le montant total du contrat, qui inclut les trois prochaines olympiades d’été, s’élève à 1,1 milliards de Francs, ce qui fixe la contribution de la chaîne du foot à 360 MF.
Une décision de l’UER est venue refroidir les ambitions olympiques de Pierre Lescure, déjà chagriné par l’heure tardive de retransmission des épreuves, en pénalisant son statut de diffuseur privé. Cette décision de la commission européenne le prive de l’accès aux droits TV en association avec les opérateurs publics. Sans doute vexés par cette mise au ban, les dirigeants se sont retournés contre l’UER et la GRF en refusant de s’acquitter de la somme demandée. Le désaccord s’envenimant au fur et à mesure des décisions de justice contradictoires, Canal+ semble avoir finalement perdu la partie. Sommée d’honorer son contrat, la chaîne se trouve en bien mauvaise posture. Pour ne rien arranger, la couverture de l’événement, plus vraiment convoité, risque de lui coûter plus cher encore en logistique. France Télévision, qui diffuse l’intégralité de la compétition, peut se targuer d’une crédibilité indubitable, aidé en cela par une souplesse de programmation avec laquelle une chaîne purement commerciale ne peut rivaliser.