Un nouvelle étape est franchie dans la guerre des radios. Europe 1 achète les droits de retransmission de la Formule 1. Un pavé dans la mare de RMC, qui possède déjà ces droits non exclusifs et diffuse les Grand Prix en direct.

La station Europe 1 annonce qu’elle retransmettra en direct et en intégralité les dix-huit Grands Prix de la saison 2009 du Championnat du monde de Formule 1 grâce à la signature d’un accord avec la Formula One Management (FOM) de Bernie Ecclestone. L’accord est valable pour les saisons 2009 et 2010. Les temps changent. En 2002, l’acquisition par RMC des droits de diffusion radio sur la Formule 1, comme la station l’avait fait auparavant, avec la Coupe du monde de football 2002, avait provoqué une levée de boucliers des stations généralistes, dont Europe 1 (voir La Lettre du Sport n°219). Alors réunies au sein du GIE Sport Libre, elles avaient annoncé qu’elles ne diffuseraient pas de Formule 1 sur leurs antennes. Le droit au libre accès à l’information sportive défendu alors par le GIE a vécu. Le temps a fait son oeuvre. Au siècle dernier, c’est-à-dire entre 1996 et 2001, les radios françaises qui suivaient la Formule 1, devaient s’acquitter de droits de diffusion réduits. Elles versaient alors 20.000 dollars par an chacune.

Parallèlement, Europe 1 annonce la signature d’un accord de partenariat sur la même durée avec Renault F1 Team. Raccourci : avec l’aide du constructeur français, la station se lance pour la première fois dans l’achat de droits sportifs. Selon L’Equipe, le montant des droits radiophoniques, non exclusifs, de la F1 serait de l’ordre de 300.000 euros. Rien à voir avec leur équivalent à la télévision, mais le produit est également très différent. Il faut une oreille de spécialiste pour arriver à distinguer à l’antenne le son d’une Ferrari de celui d’une McLaren-Mercedes…

En réponse, RMC a indiqué qu’elle proposerait encore plus de Formule 1 sur son antenne. La station, qui a fait depuis 2001 du sport l’un des piliers de ses programmes, estime que sa formule gagnante inspire les autres acteurs du paysage radiophonique. RMC n’entend donc pas abandonner la F1 à sa rivale. Elle a ainsi confirmé qu’elle avait acquis les droits de diffusion sur la Formule 1 en 2009, et ce pour la huitième année consécutive. RMC annonce également qu’elle diffusera, elle-aussi, la totalité des Grands Prix en direct et en intégralité, quelle que soit l’heure de diffusion de l’épreuve. Avec plus de médias couvrant l’événement, l’auditeur pourrait être le grand gagnant de cette bataille des ondes. Mais le premier vainqueur de ce duel est Bernie Ecclestone. Le Britannique, chargé de la commercialisation de la F1, parvient à vendre à deux stations françaises un produit étrange, à l’intérêt douteux.

A noter que Europe 1 appartient au Groupe Lagardère, qui s’est impliqué dans le projet de reprise de l’organisation du Grand Prix de France de Formule 1, via sa filiale Lagardère Sports.

Les distraits, qui avaient l’habitude de suivre les retransmissions de la F1 sur RMC, et qui n’ont pas suivi les mouvements opérés durant le mercato entre les animateurs radios, pourraient être surpris au lancement de la nouvelle saison, le 29 mars en Australie. C’est en effet Alexandre Delpérier qui opérera comme grand maître de cérémonie sur Europe 1. Jusqu’ici, Delpérier était la voix de la F1… sur RMC.
Radios : les recettes publicitaires 2008

Les recettes publicitaires de la radio se sont élevées à 3 milliards d’euros en 2008, en hausse de 5,1% par rapport à 2007, selon un bilan annuel publié par Yacast et portant sur 19 stations publiques et privées. Toutefois, le nombre de messages est en recul de 1,3% soit 1.121.314 spots, et la durée publicitaire a baissé de 1,2% pour un total de 338 jours cumulés. On note également que l’évolution du nombre d’annonceurs actifs est positif à +3,1% soit un total de 2.111 annonceurs présents en 2008 et que les 20 premiers annonceurs totalisent 34% du chiffre d’affaires radio 2008.

Les résultats apparaissent toutefois contrastés. En effet, les radios généralistes enregistrent un résultat annuel en progression de 7,3%, soit 1.158 millions d’euros de recettes publicitaires. En volume, la tendance s’inverse avec un recul de 5,9% du nombre de messages diffusés soit 339.367 spots et en durée publicitaire, le recul se monte à –5,7%. Les radios FM, pour leur part, enregistrent une progression plus contenue de leurs recettes publicitaires de +3,8%, soit un chiffre d’affaires cumulé de 1.851 millions d’euros pour 781.947 spots diffusés (+0,8%) et une durée publicitaire en progression de +0,9%.

Pour les stations généralistes, s’affichent à la hausse RTL (+6,1% et 514 millions d’euros d’investissements publicitaires), Europe 1 (+2,3% et 290 millions d’euros), RMC (+18,8% et 272 millions d’euros) et France Inter (+7,4% et 47 millions d’euros), tandis que Sud Radio est en baisse (-9,1% et 35 millions d’euros). Ces chiffres sont toutefois à nuancer avec un recul en nombre de spots diffusés pour RTL (-5,6%), Europe 1 (-5,7%), RMC (-0,4%) et Sud Radio (-18,4%). Seule France Inter s’oriente à la hausse en volume avec + 3,8%. Pour les stations musicales, le podium revient à NRJ (+4,9% et 414 millions d’euros de recettes), Nostalgie (+8,9% et 199 millions d’euros) et au GIE Les Indépendants (+6,2% et 190 millions d’euros). A noter que les trois radios thématiques d’information (BFM, France Info et radio Classique) obtiennent un chiffre d’affaires en hausse de 9,2% et que les 11 stations musicales sont quant à elles en progression de +3,4%.