À moins de deux mois du début de la saison 2026 à Melbourne, Cadillac transforme sa phase de préparation en feuilleton. En dévoilant en premier une livrée de tests de sa future Formule 1, Cadillac ne se contente pas d’entrer dans la nouvelle année. Le constructeur américain orchestre un temps fort de communication, à haute valeur symbolique et commerciale.
Cadillac est la première écurie à donner une incarnation visuelle concrète à la Formule 1 version 2026. À un moment où le règlement technique reste abstrait pour le grand public comme pour les partenaires, cette révélation agit comme un marqueur. Là où Audi, autre nouveau du championnat du monde, s’est limité à des images confidentielles, Cadillac choisit une mise en scène assumée, avec une livrée identifiable, pensée pour la diffusion et la reprise médiatique. Ce choix positionne immédiatement la marque dans l’agenda narratif de la F1. Avant même son premier Grand Prix, Cadillac existe déjà dans l’écosystème, auprès des fans, des sponsors et des diffuseurs. Dans une discipline où la visibilité conditionne la valeur commerciale, cette avance symbolique est loin d’être anodine.

Detroit comme levier de marque globale
La présentation au siège de General Motors, à Detroit, n’est pas un détail. Cadillac ancre son projet F1 dans son ADN industriel et culturel, tout en parlant à un public mondial. L’entrée en Formule 1 n’est pas un simple programme sportif, mais un prolongement de la marque Cadillac comme étendard du savoir-faire américain à l’international.

« Cette livrée de tests célèbre l’héritage du design de Detroit tout en protégeant nos secrets techniques », assume Mark Reuss, président de General Motors. La F1 est aussi une plateforme de storytelling industriel, un terrain déjà largement exploité par Ferrari ou Mercedes, mais encore inédit pour un constructeur américain de cette envergure.

Une livrée de tests pensée comme objet marketing
Officiellement conçue pour masquer certaines solutions aérodynamiques, la livrée dite « Barcelona Shakedown » remplit surtout une fonction marketing évidente. Monochrome, épurée, dominée par le blason Cadillac, elle maximise la reconnaissance visuelle sans engager définitivement les partenaires commerciaux. C’est un signal adressé au marché. Cadillac démontre sa capacité à créer des actifs de marque avant même la révélation de ses principaux sponsors. Cette première livrée agit comme une bande-annonce.
L’arrivée de Cadillac en F1 s’inscrit dans un mouvement plus large d’américanisation du championnat. Après l’explosion des Grands Prix aux États-Unis et la montée en puissance des audiences nord-américaines, la présence d’un constructeur comme General Motors renforce l’attractivité du produit F1 auprès des marques américaines non endémiques au sport automobile.
« Dévoiler la livrée de course lors d’un événement mondialement retransmis est une manière forte d’introduire Cadillac en Formule 1 », con firmeDan Towriss, directeur général de Cadillac Formula 1 Team Holdings.
En dissociant livrée de tests et livrée de course, attendue le 8 février, Cadillac étale volontairement sa prise de parole. Chaque étape devient un événement, avec un potentiel médiatique et commercial distinct.
Une faille dans le règlement ?
La FIA va organiser le 22 janvier une réunion avec les motoristes de la F1 (Ferrari, Mercedes, Honda, Red Bull Powertrains et Audi) pour évoquer une potentielle faille du règlement 2026, qui aurait permis à Mercedes et Red Bull de tirer un avantage en comparaison de la concurrence.
La faille concerne le taux de compression du moteur à combustion interne, c’est-à-dire le rapport entre le volume maximal et minimal du cylindre. Les écuries ne doivent pas dépasser un seuil, abaissé cette année pour favoriser l’arrivée des nouvelles équipes comme Audi. Mais, Mercedes et Red Bull auraient trouvé une manière de dépasser la limite fixée en course. Laissant la monoplace conforme lors des contrôles qui s’effectuent à l’arrêt, mais illégale lorsqu’elle est lancée à pleine vitesse. Des écuries se sont plaintes de cet avantage trouvé par les concurrents.

