L’Olympique de Marseille poursuit la transformation de son modèle économique. Au-delà de la production de contenus, à partir de la saison 2026-2027, l’accord avec SayTV illustre la volonté des clubs de Ligue 1 de renforcer leurs actifs médias propres dans un contexte d’effondrement des droits audiovisuels domestiques.
Pour SayTV, l’accord représente un changement d’échelle. Historiquement positionnée sur un segment orienté vers les décideurs du sport, la plateforme gagne ici l’accès à une marque à forte notoriété. La technologie de SayTV offre un éventail de fonctionnalités, notamment la diffusion en direct, les paris en direct, les statistiques en temps réel et l’intégration des médias sociaux. L’association avec un club de premier plan offre à la plateforme numérique basée en Irlande une visibilité élargie et un terrain d’expérimentation à grande échelle. La logique est moins celle de la monétisation publicitaire classique que celle de la génération d’audience qualifiée pour les partenaires. Si le modèle s’avère performant en matière d’audience et de monétisation, il pourrait servir de référence pour d’autres partenariats avec des clubs (un accord du même type a été conclu en Espagne avec le FC Séville, ndlr).
Un club en quête de maîtrise éditoriale

L’association intervient dans un moment charnière pour le football français. La dépendance historique aux droits audiovisuels de Ligue 1 a montré ses limites ces dernières saisons. Dans ce contexte, le développement de médias propriétaires s’impose comme un levier stratégique. Renforcer les actifs propres (bases de données supporters, canaux numériques, formats éditoriaux) constitue une réponse. Pour l’Olympique de Marseille, il s’agit d’élargir sa capacité de production éditoriale, de structurer des formats plus incarnés et de renforcer la cohérence de sa communication institutionnelle et commerciale. Maîtriser la chaîne de production permet de contrôler la narration du club, de valoriser ses dirigeants, ses partenaires et ses initiatives, tout en alimentant ses propres canaux numériques.
Concrètement, à partir de la saison prochaine, les deux nouveaux partenaires développeront une émission « premium destinée aux supporters les jours de match », ainsi qu’une « large gamme de formats numériques, conçus en cohérence avec la façon dont le football est vécu aujourd’hui : rapide, connecté, interactif et destiné à être partagé ».
Un levier d’activation pour les partenaires
La dimension économique du partenariat est centrale. Le contenu média est devenu un outil d’activation commerciale à part entière. Intégrer des partenaires dans des formats éditoriaux dédiés permet d’enrichir les contreparties proposées aux sponsors et d’augmenter la valeur perçue des contrats. La production de contenus co-brandés, la mise en avant d’expertises ou l’association à des programmes spécifiques participent à cette montée en gamme.
« Le développement de nouvelles opportunités commerciales à forte valeur ajoutée, directement intégrées à cette expérience numérique, constitue un autre axe majeur de cette collaboration », confirment les deux parties. Les marques « seront intégrées de manière organique aux contenus, offrant aux partenaires une visibilité unique et les faisant bénéficier d’un engagement significatif auprès d’un large public ».
« L’OM incarne la passion, l’histoire et une relation unique avec ses supporters. Ensemble, nous souhaitons créer un format qui se sente proche des fans et offre aux marques un environnement puissant et haut de gamme pour entrer en contact avec eux », précise Martin Raithel, PDG de SayTV.
Pour l’OM, qui bénéficie d’une base de supporters parmi les plus engagées du pays, l’activation hors jours de match devient capitale. L’engagement digital nourrit à la fois la billetterie, le commerce en ligne et la relation avec les partenaires. « Ce partenariat nous permet de franchir une nouvelle étape dans la manière dont nous interagissons avec nos supporters, grâce au contenu produit », indique Alessandro Antonello, Directeur Général de l’OM.
L’accord illustre une tendance de fond : les frontières entre média spécialisé, studio de production et agence de contenus deviennent plus poreuses.
