KPMG est le premier à dégainer son rapport sur les finances des clubs de football. Avant le rapport Deloitte, avant les valorisations de Forbes et avant la publication du rapport de la DNCG française, le cabinet d’audit livre son étude 2019 « European Champions Report ». KPMG, qui a validé les comptes du Paris SG dans le passé, examine pour la saison 2017-2018 les indicateurs de performance des clubs champions des huit principales ligues européennes. Le PSG marque des points vis-à-vis du fair-play financier.

Pour KPMG, « l’industrie du football traverse une phase profonde de changement de business model ». Ainsi, les « grands clubs s’orientent de plus en plus vers des modèles d’entreprises du divertissement et se positionnent comme de véritables « marques » mondiales, capables d’attirer un public du monde entier ». Le cabinet d’audit constate que six des huit clubs du rapport (FC Barcelone, FC Bayern Munich, FC Porto, Galatasaray, Juventus Turin, Manchester City, Paris Saint-Germain et PSV Eindhoven) ont enregistré une augmentation de leurs revenus d’exploitation. Seuls la Juventus et le PSV Eindhoven ont vu leur chiffre d’affaires reculer. Le club italien a ainsi enregistré une baisse de 2% à 402,3 M€. Une diminution liée à un parcours en Ligue des champions moins performant la saison passée par rapport à 2016-2017, le club italien ayant atteint la finale. La Juve a cependant enregistré une hausse des revenus commerciaux (sponsoring et marketing) de 21% à 144,9 M€ (avant donc la renégociation cette saison de son contrat d’équipementier avec Adidas, ndlr).

Des huit clubs étudiés, Galatasaray a enregistré la plus forte augmentation de ses recettes d’exploitation (+19 %), suivi en deuxième position par le PSG (+12 %). D’une perte de 6,8 M€ pour la saison 2016-2017, le club parisien est passé à un bénéfice après impôts de 31,5 M€ un an plus tard. Toujours sous la menace du fair-play financier (FPF), la récente tournée de quatre jours au Qatar sert à donner de la consistance à la stratégie du PSG qui consiste à se positionner sur le marché comme une marque globale et lifestyle capable d’internationaliser sa communauté de fans. Durant le « Qatar Winter Tour », les joueurs se sont livrés à diverses opérations de communication, au service du comité d’organisation de la Coupe du monde 2022 et des deux principaux partenaires du club : la Qatar National Bank (QNB) et surtout de l’office du tourisme qatarien (QTA). Ce contrat d’image rapporte encore cette saison plus de 100 M€ dans les caisses du club. L’estimation de sa « valeur réelle » continue d’occuper des équipes entières de consultants mandatés par l’UEFA comme par le PSG. La chambre d’instruction du FPF a fini par accorder un retraitement de la valeur du contrat autour de 58 M€ annuels mais a exigé sa non-prolongation au-delà de 2019. Pour la chambre de jugement, ce contrat ne vaudrait que 4 M€. L’affaire est loin d’être terminée puisqu’un réexamen du contrat a été ordonné. Le PSG a fait appel et la procédure est suspendue pour l’instant à une décision du Tribunal arbitral du sport.

Les revenus commerciaux représentent la source de revenus la plus importante pour la majorité des clubs (six sur huit). Le Bayern Munich a réalisé le plus gros chiffre d’affaires sur ce chapitre avec 315,6 M€ devant le PSG (313,3 M€).

KPMG met également en lumière la hausse constante des coûts liés à la masse salariale. Cette inflation salariale fait grimper la part des salaires dans les revenus du PSG à 61 %, en deçà toutefois de la limite de 70 % recommandée par l’UEFA, et loin du FC Barcelone (81 %) qui consacre plus d’un demi-milliard d’euros aux salaires (562 M€), une première dans l’histoire du football.