À trois journées de la fin du championnat de Ligue 1, l’Olympique de Marseille présente un bilan alarmant : la qualification pour la Ligue des champions semble hors de portée, l’entraîneur est en sursis et le naming du Vélodrome reste sans repreneur après Orange. Le club phocéen entre dans un été de reconstruction qu’il aborde sans filet.
C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus. » Le milliardaire américain Warren Buffett pense d’abord à ceux qui prennent des risques excessifs. L’Olympique de Marseille en a pris pour assurer sa qualification pour la Ligue des champions avec la masse salariale la plus importante de son histoire. La fin de saison est imminente et la catastrophe industrielle se rapproche.
Un entraîneur sous contrat mais sans lendemain
La qualification directe pour la C1 représente l’enjeu majeur. Mathématiquement, il faudrait gagner les trois derniers matches et reprendre plusieurs points à des concurrents directs (4 points à Lyon et Lille, 3 à Rennes) qui ont tous montré une régularité supérieure sur les dernières semaines. Habib Beye, recruté en février pour remplacer Roberto De Zerbi, paie une addition lourde. Dix matches au compteur, quatre victoires, quatre défaites, un nul et une élimination aux tirs au but en Coupe de France : le bilan est insuffisant pour un club aux ambitions revendiquées. Quand Beye quittait Rennes le 9 février, le club breton était 6e, à 8 points de l’OM. Deux mois plus tard, le scénario est totalement renversé. Rennes a depuis enchaîné les victoires et dépassé Marseille au classement ! Cette statistique, à elle seule, résume l’impasse dans laquelle l’entraîneur marseillais s’est enfermé. Son contrat le lie à l’Olympique de Marseille jusqu’en juin 2027, mais une séparation est plus que probable en fin de saison.
Un naming orphelin
La coïncidence a quelque chose d’implacable. Le contrat liant le Vélodrome à Orange s’achève cet été, et c’est Stéphane Richard, l’homme qui l’avait signé en 2016 lorsqu’il présidait l’opérateur télécom, qui prendra officiellement ses fonctions de président de l’Olympique de Marseille début juillet. Le symbole est parfait, presque trop : le même homme ferme une page et est censé en ouvrir une autre, dans un club où les pages se succèdent sans jamais vraiment tourner. Avec ce partenariat, l’OM récupérait autour de 2,5 M€ par an. Orange se dit très satisfait de ces dix ans de collaboration, qui ont notamment permis l’installation du wifi pour les supporters ou l’affichage du Vélodrome comme « premier stade 5G d’Europe ». Mais le renouvellement n’est pas au programme. L’hypothèse d’une prolongation de l’opérateur était dans les tuyaux. Des discussions avaient d’ailleurs été enclenchées, mais elles ont été rompues. Le scénario qui semblait le plus naturel pour lui succéder a été rapidement écarté. L’entreprise CMA CGM, spécialisée dans le transport maritime et déjà sponsor maillot de l’OM, « n’a pas manifesté d’intérêt » pour le naming du stade. Le club indique néanmoins mener des discussions des « marques internationales ». L’OM vient de signer un nouveau bail de 15 ans avec la Ville de Marseille pour la gestion exclusive de son stade. Logiquement, il aspire à faire coïncider la durée du naming avec cet horizon. Mais pour l’heure, aucun accord n’est conclu, et le stade entrera dans la saison prochaine sans nom de marque attribué, ou avec un nom provisoire. Dans l’univers du sport business, c’est rarement une posture de force. Stéphane Richard prendra ses fonctions sur un chantier ouvert de toutes parts : un entraîneur à remplacer, une qualification européenne à reconstruire et un naming à conclure. L’ironie de l’histoire, c’est qu’il était déjà là au début.

