Le Soccerex 2013, la plus grande réunion mondiale sur le football, prévue du 30 novembre au 5 décembre à Rio de Janeiro, à six mois de la Coupe du monde au Brésil, a été annulée par les autorités locales.

Je veux présenter mes excuses pour l’annulation du Soccerex à Rio (…). Il s’agit d’une décision politique prise par le secrétariat des sports du gouvernement de l’Etat de Rio, a déclaré le président du Soccerex, Duncan Revie. Le gouvernement de Rio a assuré, pour sa part, que l’annulation n’avait rien à voir avec les manifestations. Les organisateurs n’ont pas réussi à capter les ressources comme cela avait été prévu. Cela n’a rien à voir avec les manifestations en cours dans le pays, a-t-il assuré.

Qui dit vrai ? Soccerex, qui devait réunir 4.500 représentants du monde du football et d’entreprises privées, a pointé du doigt l’écran de fumée du gouvernement de l’Etat de Rio. En signant le contrat de ville hôte pour les quatre éditions de la Convention globale, le gouvernement de l’Etat (de Rio, ndlr) s’était engagé à contribuer substantiellement à l’événement. Ces obligations et les clauses du contrat étaient pleinement connues et acceptées par le Gouverneur, son secrétariat au Sports et d’autres agents gouvernementaux impliqués, affirme Soccerex. Contrairement à l’affirmation du gouvernement de Rio (…), la principale préoccupation avancée a été la crainte politique d’une réaction sociale au soutien continu du gouvernement de Rio à cet événement, ajoute Soccerex.

Le Brésil vit sous tension depuis plusieurs mois. Les élus brésiliens sont sur le qui-vive depuis la fronde sociale qui a ébranlé le pays en juin, en pleine Coupe des Confédérations de football. D’autant que beaucoup joueront leur avenir lors des élections (présidentielle, législatives, gouverneurs) d’octobre 2014, peu après la Coupe du monde. Des centaines de milliers de Brésiliens avaient manifesté en juin, parfois violemment, pour réclamer des services publics dignes, fustiger la corruption de la classe politique et dénoncer les sommes colossales d’argent public investies pour l’organisation du Mondial 2014 et des Jeux olympiques de 2016. Des manifestations, de taille beaucoup plus limitées qu’en juin, continuent de se produire régulièrement à Rio de Janeiro et Sao Paulo, les deux plus grandes villes du pays.

Le gouverneur de Rio a tenté ces derniers mois de donner des gages aux manifestants, en revenant par exemple sur certains aspects controversés du contrat d’exploitation du stade Maracana de Rio, pourtant déjà signé avec un consortium privé.