Pour la première fois depuis l’inauguration du Stade de France, la Ligue de football professionnel (LFP) délocalise la finale de la Coupe de la Ligue avec Paris SG/AS Monaco, samedi 1er avril, disputée au Parc OL. Le point sur le modèle économique de la compétition avec Mathieu Ficot, Directeur du Développement Economique de la LFP.

La Coupe de la Ligue est la compétition qu’on aime brocarder. Elle n’intéresse personne, elle alourdit le calendrier, les clubs ne jouent pas le jeu… Samedi, on disputera pourtant la 23e finale de la compétition. Et lorsqu’un club la remporte, il organise un défilé avec bus à impériale pour célébrer sa victoire. Bref, elle fait preuve d’une résistance à toute épreuve.

Croissance de 20% des revenus de sponsoring

Cette saison, elle enregistre une forte croissance de ses recettes. Le budget moyen de la Coupe de la Ligue est passé de 18 millions d’euros par saison sur le cycle 2012-2016 à près de 30 millions d’euros sur 2016-2020, se réjouit Mathieu Ficot, Directeur du Développement Economique de la LFP. Grâce aux négociations commerciales de la LFP et à l’entrée en vigueur des nouveaux contrats télévisuels, la Coupe de la Ligue enregistre un bond en avant de ses revenus. France Télévisions et Canal+, les deux co-diffuseurs, ont revitalisé la compétition en signant un contrat record de 23,9 millions d’euros par an, soit plus du double du précédent accord. Les activations proposées et la visibilité offerte rendant la compétition attractive aux yeux des annonceurs font bondir les recettes de sponsoring : +20 % cette saison. Elles atteignent 4 millions d’euros. La Ligue a signé des accords commerciaux avec des agences comme Kantar Sport et Repucom (Nielsen Sports) pour réaliser des études qualitatives, détaille Mathieu Ficot. Avec la mesure des retombées économiques, nous pouvons faire la démonstration à un partenaire de l’intérêt de s’engager auprès de la Coupe de la Ligue.

La LFP a décidé de quitter le Stade de France pour délocaliser la finale en province. La fin de notre contrat de quatre ans nous offrait l’opportunité d’innover, explique le responsable de la ligue. L’organisation de la finale au Parc OL n’entraînera pas un bouleversement des recettes malgré une capacité réduite de l’enceinte lyonnaise par rapport au Stade de France. Un risque calculé ? Plus qu’un choix risqué, c’est avant tout un parti pris. Certes, le dimensionnement n’est pas le même (57.000 places à Lyon contre près de 80.000 à Saint-Denis), mais le business model est équilibré lorsqu’on met en face les perspectives de recettes et de coûts. Au-delà du pari de la billetterie, la ligue est très attachée au business model de la Coupe de la Ligue parce que nos clubs sont très exigeants. Il faut toujours essayer d’en faire plus. La LFP s’attend à dégager 2 millions d’euros de recettes de la billetterie. La conséquence de l’affiche PSG/Monaco ? C’est vrai que l’affiche est prometteuse pour cette première en province, mais à Noël, on ne connaissait pas l’affiche. Pourtant 10.000 places avaient déjà été vendues.
87 %

Le vainqueur empochera 2,5 M€, une somme en hausse de près d’un tiers par rapport à la saison dernière, et le finaliste 2 M€ (+45 %). Au total, les dotations de la Coupe de la Ligue s’élèvent à 21,5 M€, soit une augmentation de 87% par rapport au cycle précédent.