Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, veut inscrire au patrimoine culturel régional les secteurs pavés du Paris-Roubaix. Convaincue du potentiel d’attractivité de la reine des classiques en particulier et du cyclisme en général, la ville de Roubaix veut l’exploiter dans les années à venir.

Une fois par an, c’est le lieu où il faut être : le vélodrome de Roubaix. L’équipement ne passerait pas les contrôles de l’UEFA ou du CIO, mais chaque année, au début du mois d’avril, le monde entier regarde les coureurs terminer péniblement la reine des classiques. C’est la seule course officielle au monde qui arrive sur un vélodrome, souligne Jérôme Dumont, directeur de la communication de la ville de Roubaix dans La Voix du Nord. C’est une marque extraordinaire pour Roubaix. Elle a été complètement sous-exploitée, tellement sous-exploitée qu’elle est exploitée par d’autres, observe-t-il. Mais si « Paris-Roubaix » est aujourd’hui la propriété de la société Amaury Sport Organisation (ASO), l’organisateur de la course, c’est sur son propre nom que la ville veut mettre le paquet. Cette course dépasse comme le Tour de France le cadre d’un événement sportif, acquiesce Daniel Bilalian, Directeur du service des sports de France Télévisions. Il y a du mythe et de la dramaturgie sur Paris-Roubaix.

C’est en commandant l’an dernier une étude sur l’image de Roubaix en France que le directeur de la communication a définitivement pris conscience de l’impact considérable de la course sur l’image de Roubaix. C’est l’événement qui a le plus de visibilité. Il y a aussi 87 % des Français qui associent Roubaix au cyclisme. Et pourtant, on n’en retire pas grand-chose. Avec l’office de tourisme, la ville entend faire de la ville une destination cyclisme. Les atouts ne manquent pas : le nouveau vélodrome couvert, le Stab, le projet de musée de Paris-Roubaix, le parc des sports et le vélodrome d’arrivée où les amateurs de petite reine viennent régulièrement se prendre en photo. Le Paris-Roubaix challenge, organisé la veille de la course par ASO pour les amateurs, confirme l’attrait pour le mythe. 5.500 coureurs de 53 nationalités sont venus goûter à ces pavés qui ont fait l’histoire du cyclisme. Trois distances étaient au programme : 70 km (Roubaix-Roubaix), 145 km (Roubaix-Roubaix) et 172 km (Busigny-Roubaix). Pour aller plus loin que le week-end de la course, la ville veut favoriser l’implantation d’un hôtel juste à côté du vélodrome, être candidate à l’accueil d’une étape du Tour de France aussi.

Les collectivités aux premières loges

La région des Hauts-de-France veut sécuriser le cadre financier de l’entretien des secteurs pavés. Les pavés du Paris-Roubaix seront inscrits au patrimoine culturel régional pour qu’il n’y ait plus la moindre crainte, le moindre nuage et pour qu’il n’y ait jamais le moindre risque d’une course en pointillé, avec des secteurs qui disparaissent, explique Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France. Ça ne sert d’ailleurs à rien d’entretenir un partenariat avec ASO à hauteur de 550.000 euros si derrière on ne fait pas ce qu’il faut pour garder ce qui fait de Paris-Roubaix, ce qu’elle est. La Région sera garante de cela, parce que sans les pavés cela ne serait pas pareil.
145

Cette année, la Reine des Classiques était diffusée pour la première fois en intégralité, du départ à Compiègne jusqu’au dénouement dans le vélodrome de Roubaix (257,5 km de course), et reprise dans ce format inédit par une vingtaine de diffuseurs à travers 145 pays,le monde. Au total, France Télévisions aura produit près de sept heures de direct pour la course. 190 pays ont diffusé des images de Paris-Roubaix 2016.