Paprec, partenaire de la transat Paprec et de la Solitaire du Figaro depuis 2022 et partenaire titre de La Solitaire depuis 2023, regrette la décision des organisateurs de transformer le format de la Solitaire en l’adossant à la classe Ocean Fifty à partir de 2028. L’entreprise, spécialisée dans la gestion de déchets, annonce la fin de son partenariat avec OC Sport, l’organisateur.
Le passage en Ocean Fifty, des trimarans de 15 m, est une révolution pour la course qui a vu éclore nombre de grands champions. Plus d’un demi-siècle après sa création en 1970 par Jean-Louis Guillemard et Jean-Michel Barrault sous le nom de la Course de l’Aurore, le Groupe Figaro, propriétaire de l’épreuve depuis 1980, et OC Sport Pen Duick, société organisatrice depuis 2011, optent pour un changement radical.
Pallier le recul d’audience
Pour Joseph Bizard, directeur général d’OC Sport, il devenait impératif de repenser le modèle. « L’environnement est aujourd’hui radicalement différent de celui qui l’a vu naître et même de celui qui existait il y a dix ans. Il y a plus de classes et d’épreuves au calendrier qui entrent en concurrence, observe-t-il. Dans le même temps, les attentes du public ont évolué vers plus de spectacle, les collectivités sont dans un contexte plus contraint et les partenaires attendent plus de retour sur investissement. Ces dernières années, on voyait s’éroder la proposition de valeur de la Solitaire comme événement. Je sais que ça peut paraître contre-nature et que ça peut susciter des réactions épidermiques, mais notre responsabilité est de faire en sorte que cette épreuve magique soit encore là dans les quinze années à venir. »
Ce chamboulement aura des répercussions sur le nombre de concurrents au départ (36 en 2026) puisque la classe Ocean Fifty compte actuellement onze unités.
Le monde de la voile monte au créneau
L’annonce a suscité pas mal d’émoi dans l’univers de la voile. En premier lieu au sein de la Classe Figaro Beneteau, association de coureurs et de propriétaires, qui porte la catégorie. « C’est une déception et nous pensons qu’ils font une énorme erreur, estime Marcus Hutchinson, vice-président de la Classe Figaro. Mais la Classe est suffisamment forte pour aller de l’avant et recréer le même type de course à partir de 2028 avec un autre organisateur. C’est une déception mais on va continuer, on a dix-huit mois pour préparer la saison 2028. Quelque part, nous n’avons pas grand-chose à construire car nos courses intermédiaires, la filière, les bateaux et les skippeurs existent et on a l’antériorité. »
« Les seules choses qui changent, c’est le nom de la classe et l’épreuve reine qu’on va devoir remplacer, poursuit-il. (…) C’est dommage pour notre classe qui forme l’élite de la course au large et qui est accessible financièrement. Quand un Ocean Fifty neuf coûte 4 M€, le Figaro Beneteau 3 vaut 230 000 €. »

Le Groupe Beneteau, partenaire de la Classe Figaro, a exprimé son soutien et le maintien de son engagement. « Le Figaro Beneteau a démontré depuis longtemps que la navigation sur des bateaux identiques représente la meilleure école d’apprentissage, de progression et d’excellence, déclare Yann Masselot, directeur marque du Groupe Beneteau. Le circuit en Figaro Beneteau 3 doit continuer de se développer, sous un autre nom, avec la même ambition de faire grandir nos coureurs sur des bateaux fiables, rapides et identiques. Beneteau demeure plus que jamais le partenaire de la classe et des coureurs. »
La réaction de Paprec, partenaire titre de la Transat Paprec et de la Solitaire du Figaro depuis 2023, a été plus épidermique. Il regrette « la décision des organisateurs de transformer en profondeur le format de la Solitaire ». Ce fidèle sponsor de la voile (sept victoires majeures sur le circuit IMOCA en 25 ans et six participations au Vendée Globe) déplore une « rupture avec l’ADN d’une course ‘‘à armes égales’’ et très accessible, qui permettait de révéler les talents, est une inflexion forte qui ne recoupe plus les motivations de Paprec pour s’engager dans la durée sur ces épreuves ». « Le partenariat entre Paprec et OC Sport prendra fin au plus tard à son terme après l’édition 2027 des deux épreuves », assène ensuite l’entreprise spécialisée dans la gestion de déchets. Paprec reste néanmoins engagé sur les mers. En 2025, le groupe français a annoncé prendre la barre d’un nouveau projet pour le Vendée Globe 2028, avec la construction d’un nouvel Imoca pour Yoann Richomme, un marin deux fois vainqueur de la Solitaire du Figaro, en 2016 et 2019.

