François Gabart, le skippeur du trimaran Macif, renonce à la Transat anglaise en solitaire (The Transat CIC), dont le départ sera donné le 10 mai à Brest à destination de Charleston (États-Unis). Évoquant la fatigue, le doute et son envie de naviguer en équipage, le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013, puis de la Route du Rhum 2014, laissera la barre pour l’occasion à Pascal Bidégorry. Une décision rarissime à ce niveau de compétition. Jean-Bernard Le Boucher, Directeur des Activités Mer du groupe Macif, accepte pour Sponsoring.fr, de revenir sur les raisons de cette décision et les conséquences pour le partenaire.

©Olivier Drilhon/Macif

Sponsoring.fr Avec la décision de François Gabart, avez-vous dû gérer une situation de crise ?
Jean-Bernard Le Boucher
Non, nous échangeons régulièrement, entre marin et sponsor, sur certaines options pour finalement prendre des décisions collectivement. Nous voulions être prêts pour communiquer de façon adéquate en ayant tous les éléments en main. Il est important de rappeler le contexte. François (Gabart) est issu de notre filière de détection et d’accompagnement en course au large, le programme Skipper Macif (dont François Gabart a été lauréat en 2010, ndlr). Nous ne sommes pas dans une logique pure de sponsoring sportif. Un lien très fort nous unit depuis maintenant dix ans. Le groupe Macif a établi une relation de confiance dans la durée avec François. Il n’est pas question d’imposer une participation à une course sans en mesurer les risques. En tant qu’assureur responsable, lorsqu’une difficulté comme celle-ci se présente, nous réfléchissons ensemble afin de trouver la meilleure solution possible. En toute transparence, nous avons tenu à organiser cette conférence de presse pour expliquer la situation. L’engagement du groupe Macif (jusqu’en 2024, ndlr) n’est nullement remis en question. Cette prise de parole contribue, je pense, à mettre en avant les valeurs du groupe, et notamment la bienveillance vis-à-vis du sportif.

Comme avez-vous appris la décision ?
Après la Brest Atlantiques, qui a été une course éprouvante disputée dans des conditions difficiles avec de la casse sur le bateau, François, et c’est logique, était fatigué. Nous nous sommes revus mi-janvier après une période de récupération. Il a exprimé ressentir une fatigue profonde. Elle s’est accumulée après une série hors-norme d’exploits sportifs depuis 2010. Lorsqu’il nous a fait part de ses doutes sur son état de forme pour le départ de The Transat, le 10 mai prochain, nous avons évalué la situation. Il est risqué de laisser un marin prendre le départ d’une course s’il pense ne pas être à 100% de sa forme. D’autre part, la Macif est engagée sur une stratégie de communication au travers de son programme de courses. Nous avons donc convenu que le bateau devait prendre le départ. La solution de le remplacer sur cette course nous est apparue comme la plus efficace.

Pourquoi avoir choisi Pascal Bidégorry ?
Dès lors que la décision de remplacer François a été prise, le choix de Pascal Bidégorry s’est rapidement imposé. Il a l’expérience pour la navigation en solitaire sur ce type de bateau. Et il a la connaissance du trimaran Macif pour avoir participé à sa mise au point en 2015. Il a aussi participé à la première course du bateau (sur la Transat Jacques Vabre 2015 en double avec François Gabart, ndlr). Enfin, il est disponible pour participer à The Transat. Il aura donc fait la première course du bateau et la dernière puisque le trimaran sera mis en vente après The Transat.