Un industriel agroalimentaire s’associe à un skipper-scientifique pour donner chair à une promesse RSE. L’accord entre Episens et Fabrice Amedeo, signé jusqu’au Vendée Globe 2028-2029, révèle comment la course au large devient un outil de récit de marque pour des acteurs qui n’ont, a priori, rien à voir avec l’océan.
L’accord prévoit une présence sur plusieurs courses majeures du calendrier, notamment la Route du Rhum 2026, dont le départ sera donné de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 1er novembre prochain. Pour un meunier-boulanger industriel dont le cœur de marché se joue entre les agriculteurs, les artisans boulangers et la grande distribution, le choix de la voile océanique mérite explication. Autrement dit : qu’est-ce qu’un fabricant de farines et de viennoiseries industrielles vient chercher sur l’océan ?
Entre terre et mer, un récit de filière à construire
Pour Episens, filiale du groupe InVivo, ce sponsoring s’inscrit dans une valorisation de sa filière blé durable. Concrètement, le dispositif s’appuie sur un programme commun mêlant performance sportive et collecte de données scientifiques en mer : le monocoque IMOCA FDJ Unitedembarque plusieurs capteurs pour analyser CO₂, microplastiques et biodiversité. Ce programme baptisé « Entre terre et mer » prolonge une démarche interne déjà structurée : 80 % de la pollution des grands espaces bleus vient de la terre, et les filières agricoles partenaires d’Episens mettent en œuvre des pratiques favorisant la biodiversité (nichoirs, perchoirs, lutte biologique) tout en travaillant à la réduction de l’impact carbone de leurs produits de meunerie et boulangerie.
Un skipper taillé pour le message
Le choix du skipper n’est pas anodin. Fabrice Amedeo est un profil rare dans l’écosystème de la course au large : ancien journaliste du Figaro, il a participé à trois Vendée Globe. Sa double culture, éditoriale et sportive, lui confère une capacité à produire du contenu et à animer des communautés. Depuis 2020, il anime un projet pédagogique à destination des écoles, en partenariat avec l’Éducation nationale ; son bateau ambassadeur des océans a été visité par 30.000 personnes au départ du dernier Vendée Globe. « En soutenant le projet océanographique de Fabrice Amedeo dans le cadre du Vendée Globe, nous valorisons l’engagement de nos filières blé Semons du Sens, mobilisées pour produire mieux, réduire leur impact environnemental et garantir une alimentation durable de qualité. Cette aventure collective mobilisera nos collaborateurs et tous les acteurs de la chaîne de valeur du blé. », traduit François-Xavier Quarez, directeur général d’Episens.
La voile, caisse de résonance des engagements RSE
Ce partenariat s’inscrit dans une tendance plus large observée ces dernières années : les grandes courses en solitaire, Vendée Globe en tête, attirent des annonceurs qui ne cherchent pas d’abord de la visibilité grand public, mais un cadre narratif légitime pour incarner leurs engagements environnementaux. Le programme « Entre terre et mer » rassemble une filière entière (agriculteurs, stockeurs, meuniers, boulangers) derrière un bateau parcourant les océans pour une meilleure connaissance des écosystèmes. La prochaine Route du Rhum,qui l’a vu faire naufrage en 2022, servira de premier test grandeur nature pour mesurer la capacité du dispositif à fédérer l’ensemble de la chaîne de valeur autour d’un récit commun. Mais d’ici là, c’est une saison bien remplie qui attend le skipper et son équipe avec deux semaines de mise au point à Lorient (Morbihna), puis une navigation d’entraînement vers Marseille (Bouches-du-Rhône) où il est attendu par son partenaire Onet pour des journées de relations publiques, des navigations à Lorient début juillet, une présence de l’IMOCA à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) lors de la Fête de la mer du 16 au 19 juillet où pas moins de 300.000 personnes sont attendues. Septembre sera rythmé par les entraînements et le traditionnel Défi Azimut à Lorient avant de mettre le cap vers la Cité Corsaire.


