Contribuer à la prise de conscience de la protection des océans et partager les solutions existantes, tel est l’objectif de Time for Oceans, le projet conduit par Stéphane Le Diraison. Le skipper bénéficie du soutien de trois partenaires engagés (la Ville de Boulogne Billancourt, SUEZ, Bouygues Construction), pour porter ce message. Il nous explique comment il les a convaincus.

Sponsoring.fr : Quel cheminement avez-vous suivi pour monter votre projet «Time for Oceans» ?
Stéphane Le Diraison. Mon moteur est de porter un message en faveur de la préservation des océans. Ils sont au cœur de notre équilibre. Ils représentent 70% de la surface du globe, mais pollués et en danger à cause de l’activité terrestre. Lorsque vous grandissez au bord de la mer en Bretagne, il y a une sensibilité naturelle aux questions environnementales. La pratique de sports de nature a aiguisé cette sensibilité jusqu’à orienter ma vie professionnelle. Je suis ingénieur chez Veritas jusqu’en 2015 en tant que responsable des énergies marine renouvelable. J’avais une implication quotidienne envers le développement durable. En 2016, je me décide à franchir le pas pour devenir skipper professionnel. Lorsque je participe au Vendée Globe, je suis interpellé par ces 2 millions de personnes qui défilent sur le village du Vendée Globe. Je mesure alors l’impact que peut avoir la voile sur le public. Je reviens, galvanisé, avec mon projet autour des valeurs de l’environnement. J’exhume des articles de presse traitant du Vendée Globe à l’origine. Je superpose le tracé réalisé par Jean-Luc Van den Heede avec celui de la carte des glaces. C’est un choc. On ne peut plus utiliser dans l’Atlantique sud les trajectoires utilisées il y a 25 ans, sinon on traverserait des champs de glace énorme.

Comment convaincre des partenaires de vous suivre sur cette direction ?
Le déclic suivant a lieu à l’été 2017 lors du One Planet Summit à Boulogne-Billancourt, déjà mon partenaire, dans un bâtiment (La Scène Musicale) construit par Bouygues Construction avec des contraintes environnementales fortes. Plusieurs discours m’interpellent, dont celui de Jean-Louis Chaussade, alors Directeur général du groupe SUEZ. Face aux directions de Bouygues, Suez et de la Ville de Boulogne, je propose de définir une stratégie en soutien de leurs actions de RSE, capable de susciter l’adhésion de leurs collaborateurs. Mon premier travail a été de convaincre du potentiel de communication de la course au large. En amont, je réalise une étude statistique sur les entreprises françaises ayant des actions concrètes en faveur de l’environnement ou des démarches engagées en faveur de la transition vers le développement durable. Ma conclusion est que l’effet de levier pour elles est d’autant plus significatif qu’elles ont une empreinte environnementale forte. Mon message se résume ainsi : «vous avez une politique ambitieuse qui nécessite le soutien de vos collaborateurs. Je vous propose d’en parler, autour d’un projet sportif comme outil qui porte les mêmes valeurs.»

Votre bateau s’appelle «Time for Oceans». Comment faire accepter cette absence de naming ?
La question s’est posée. Elle a même été l’objet de discussion avec mes partenaires. Mais ils ont parfaitement compris que le message délivré n’était pas de communiquer sur les marques, même si on les retrouve sur la coque et les voiles, mais bien sur les actions et sur un message derrière lequel tout le monde se retrouve.

Quelles sont les activations mises en place ?
Nous sommes dans un monde où la communication passe par l’image avec des tournages de vidéos et la prise de photos. Mais le cœur de la cible reste l’interne. Il y a plusieurs interventions de ma part auprès des salariés des entreprises en séminaires ou pour des conférences. Parfois, ce sont les salariés qui viennent à ma rencontre pour des navigations. J’en profite pour expliquer concrètement la démarche.

A. Courcoux