Malgré sa défaite à domicile en finale du tournoi de Tokyo, Naomi Osaka a pu mesurer son immense popularité sur place, deux semaines après son triomphe à l’US Open qui a fait d’elle la première ressortissante du Japon – hommes et femmes confondus – à s’imposer en Grand Chelem. La Japonaise de 20 ans, dont le père est haïtien et qui a grandi aux Etats-Unis, bouscule les certitudes au sein de l’archipel. Un profil atypique qui fait mouche auprès des marques alors que les Jeux de Tokyo se profilent à l’horizon.

Kei Nishikori doit-il craindre l’avènement de Naomi Osaka ? Le finaliste de l’US Open 2014 devra partager l’affiche au Japon avec Osaka dans les mois à venir, et peut-être même se laisser voler la vedette par la nouvelle sensation du tennis nippon. Comparée à Nishikori, qui est une superstar au Japon mais pas dans le Top 5 mondial du tennis, Naomi Osaka apparait avoir le potentiel d’être numéro 1. Ses performances sportives s’ajoutent à son profil atypique d’une athlète à la triple identité (Japon, Haïti, Etats-Unis). En outre, le timing est parfait pour elle. A deux ans des Jeux olympiques de Tokyo, formidable tribune pour les sportifs japonais, les entreprises de l’archipel se pressent au portillon selon la presse locale, comme le fabricant de raquettes Yonex, le géant de l’alimentation Nissin Foods et le spécialiste des montres Citizen. A peine était-elle arrivée au Japon, auréolée de sa victoire à New York, qu’elle signait un contrat avec le constructeur d’automobiles Nissan, qui vante sa jeunesse, son audace et son profil cosmopolite. Naomi Osaka s’est engagée pour trois ans, avec à la clé une exposition maximale – et pas uniquement au Japon – via des affiches publicitaires dans les trains, journaux, réseaux sociaux, à la télévision…

Son plus important contrat est à venir. L’équipementier allemand Adidas, en contrat avec elle jusqu’à la fin de l’année, serait prêt à lui accorder un nouveau partenariat record de plusieurs millions de dollars. Ce qui hisserait la jeune femme parmi les athlètes les mieux payées de la planète dans le classement Forbes, où huit joueuses de tennis figurent parmi les dix premières.

Mais pour Osaka, le plus dur est peut-être à venir. Les préjugés raciaux restent vifs au Japon. Assaillie de questions sur son identité, Naomi Osaka, qui ne parle pas japonais couramment, confie être « mal à l’aise ». « Je ne pense pas vraiment au fait que je sois un mélange de trois différentes origines », soulignait-elle à son arrivée à Tokyo mi-septembre. Elle se dit prête à endosser son nouveau statut. « J’ai joué au tennis toute ma vie et c’est le monde dans lequel j’ai grandi » sans aller à l’école, « donc je ne peux pas dire que j’ai subi des brimades, mais si je peux aider d’une manière ou d’une autre, je suis partante ».